Gérard Collomb : une démission, un refus et des questions

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Lundi soir, Emmanuel Macron a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui a annoncé vouloir briguer la mairie de Lyon, en 2020.

Vrai-faux départ place Beauvau : Gérard Collomb, qui avait annoncé mi-septembre qu'il quitterait ses fonctions de ministre de l'Intérieur après les élections européennes de 2019 pour préparer les municipales 2020 dans "sa" ville de Lyon, a présenté lundi soir sa démission à Emmanuel Macron. Mais le chef de l'État a refusé de l'accepter, confirmant son ministre dans ses fonctions.

 

Mise à jour à 16h30. "Je maintiens ma proposition de démission", affirme Gérard Collomb, mardi, dans une interview accordée au Figaro. "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", déclare-t-il.

Pourquoi Macron a-t-il refusé cette démission ?

Officiellement, Emmanuel Macron a publiquement renouvelé sa confiance au plus âgé des ministres, un de ses très proches pendant la dernière campagne présidentielle. Gérard Collomb, 71 ans, doit donc rester "pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français", comme l'indique le communiqué de l'Élysée.

En coulisses, l'Élysée vole au secours du ministre, malmené jusque dans son propre ministère depuis son annonce d'un départ anticipé en 2019, le 18 septembre. Jean-Marie Girier, son directeur de cabinet, a ainsi décidé de quitter la place Beauvau pour occuper le même poste au perchoir de l'Assemblée nationale, auprès de Richard Ferrand.

Le refus de l'Élysée, c'est donc une manière de rasseoir Gérard Collomb dans son siège et de faire taire ceux qui s'interrogent sur les relations qui se seraient rafraîchies entre le président et son ministre. Enfin, côté calendrier, gérer un deuxième remaniement en un peu plus d'un mois, après une rentrée compliquée, aurait constitué une nouvelle embûche pour Emmanuel Macron.

Comment réagissent l'opposition et les syndicats ?

Dans les rangs de l'opposition, les critiques n'ont pas tardé. "Franchement, ça fait un peu théâtre et je trouve que ça altère la cohésion du gouvernement", a raillé le député des Alpes-Maritimes et numéro deux des Républicains, Jean Leonetti, sur Public Sénat. "Cela génère une drôle d'ambiance de fin de règne", a pointé pour sa part le parlementaire La France insoumise, Adrien Quatennens.

" Collomb, un homme qui n'attend rien aujourd'hui, hormis reconquérir la mairie de Lyon "

Chez les syndicats, SGP Police FO évoque "un homme qui n'attend rien aujourd'hui, hormis reconquérir la mairie de Lyon", comme l'a affirmé mardi sur Europe 1 Yves Lefebvre, secrétaire général. "Ce n'est pas simple, l'Intérieur, ça nécessite d'être à temps plein avec une pression notamment syndicale. Ce qui lui pèse, c'est certainement le joug de Matignon et de Bercy qui l'empêchent d'aller plus loin dans sa ligne directrice", devine-t-il.

Et dans la majorité ?

Pour les parlementaires de la majorité, la décision d'Emmanuel Macron est simplement une "confirmation" de la confiance qu'il accorde à Gérard Collomb, l'un des premiers poids lourds politique à avoir soutenu l'ancien ministre de l'Économie. "Ça ne me choque pas", a jugé le député LREM du Val-d'Oise Aurélien Taché, sur Europe 1. "Il est très important de rappeler, et c'est qu'a fait le président de la République hier (lundi), que ce sont ni les syndicats, ni l'administration qui décident de qui est ministre ou non. Le sujet est clos, on a quelqu'un qui est pleinement légitimé dans ses fonctions d'assurer la sécurité des Français."

D'une certaine manière, pour Aurélien Taché, le refus d'Emmanuel Macron a pour but de renforcer la pédagogie autour de l'action gouvernementale. "On a beaucoup de réformes mises en oeuvre. Mais pour que les Français ne perdent pas le fil, il faut essayer d'être le plus concentré là-dessus et arriver à consacrer le maximum de temps à leur présentation", prévient-t-il.