En Nouvelle-Calédonie, une visite mémorielle et sensible pour Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron est arrivé jeudi en Nouvelle-Calédonie pour une visite jalonnée d'actes symboliques, mais aussi sensible, à six mois du référendum sur l'indépendance.

Sur le tarmac de l'aéroport, Emmanuel Macron a donné le ton de cette visite en Nouvelle-Calédonie : "Je souhaite que, dans le calme, l'unité, et dans le dialogue, nous puissions construire ce choix qui viendra en novembre prochain. Parce que le monde entier nous regarde." À six mois du référendum sur l'indépendance qui, sur place, attise beaucoup de tensions, le président français veut porter un message de réconciliation.

La Nouvelle-Calédonie, "une richesse pour la France". Depuis le centre-ville, où le chef de l'Etat a bénéficié d'un accueil traditionnel kanak, avec échange de cadeaux sur une natte appelée "la coutume", il a affirmé de pas vouloir "prendre position" sur cette épineuse question. Avant d'ajouter dans la foulée : "Je viens dire que la Nouvelle-Calédonie, c'est une chance, une richesse pour la France. (…) "Je respecte ce vote, qui est une première… C'est un exemple, le monde nous regarde faire", a ajouté Emmanuel Macron. "Il ne faut pas que ce soit un moment de tension inutile". Quel que soit le résultat, "nous respecterons ce vote", a-t-il affirmé.

Lors de sa campagne présidentielle, il avait cependant exprimé le choix que le Caillou reste français. Un sondage publié jeudi matin a dû le rassurer : 60% des Calédoniens interrogés se disent opposés à l'indépendance de l'archipel.

La commémoration du drame d'Ouvéa divise. L'autre sujet brûlant à l'agenda, c'est le drame d'Ouvéa, 30 ans après. Emmanuel Macron sera le premier président français à se rendre dans la province des îles Loyauté, théâtre le 5 mai 1988 de l'assaut meurtrier contre la grotte où des indépendantistes retenaient des gendarmes en otage. Ce déplacement se fera contre l'avis de certaines familles de victimes indépendantistes. Le comité de Gossanah, une tribu au nord d'Ouvéa, a même menacé de l'empêcher. "Il n'est jamais bon d'être intimidé par une minorité. Il y a un très large consensus pour que cette mémoire soit célébrée", a rétorqué le chef de l'Etat.

On vous raconte en 1 minute : l'assaut sanglant de la grotte d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie :

C'est donc une visite sensible, pleine de symboles et de gestes mémoriels qui attend Emmanuel Macron.

Europe 1
Par A.H., avec Maxence Lambrecq et AFP