Fermeture de l'école musulmane d’Échirolles : "c'est mon devoir de protéger les enfants", martèle Jean-Michel Blanquer

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Invité de la matinale d'Europe 1, mercredi, le ministre de l'Éducation nationale est revenu sur la fermeture de l'école Philippe-Grenier, qui a indiqué son intention de porter plainte contre lui pour diffamation. 
INTERVIEW

"Ce mot, je ne l'ai pas inventé : il a été dans la bouche du procureur avant la mienne, en première instance, lorsque cette école a été fermée par la justice." Invité de la matinale d'Europe 1, mercredi, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer est revenu sur son emploi de l'expression "d'inspiration salafiste" pour qualifier l'école Philippe-Grenier, située à Échirolles, en Isère. Et a justifié sa décision de la fermer le temps que la justice rende une décision définitive. 

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"Il y a des secteurs qui testent la République"

"Comme l'appel (de l'école, ndlr) est suspensif, l'école continuait de fonctionner, ce qui n'est pas du tout souhaitable", a expliqué Jean-Michel Blanquer. "C'est mon devoir de protéger les enfants mais c'est aussi mon devoir de protéger la société. J'ai donc enjoint les parents à scolariser les enfants dans une autre école."

L'école privée a récemment annoncé sa décision de porter plainte contre le ministre auprès de la Cour de justice de la République, jugeant ses propos diffamatoires. "Je ne céderai pas à ça, et ça a plutôt tendance à raffermir ma position, parce que je pense qu'il y a des secteurs qui testent la République", a réagi Jean-Michel Blanquer. "Eh bien qu'ils la testent. Ils la trouvent debout et forte."

Des fermetures "au cas par cas"

De manière générale, certaines écoles musulmanes hors contrat peuvent-ils constituer des foyers de "l'islam politique qui veut faire sécession avec notre République", évoqué par Emmanuel Macron fin avril ? "Ça peut être le cas", a répondu Jean-Michel Blanquer. "Il faut regarder au cas par cas, on ne doit pas avoir une vision aveugle. Je ne mets pas un signe égal entre musulmans et islamisme radical." 

"Les équipes de l'éducation nationale regardent ce qu'il en est, nous avons voté une loi l'année dernière pour nous permettre d'empêcher des ouvertures et maintenant nous faisons aussi des fermetures qui requièrent un certain nombre de critères juridiques", a conclu le ministre, indiquant que trois établissements avaient été fermés. "Je le fais à la fois en sérénité, en toute justice et en toute lucidité."