Rubirola 2:09
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Michaël Darmon et Stéphane Frangy, édité par Ugo Pascolo avec AFP
Démissionnaire, la maire de Marseille Michèle Rubirola a annoncé qu'elle souhaitait voir son premier adjoint, Benoît Payan, lui succéder. Mais l'ex-sénatrice PS et élue des quartiers nord de la ville Samia Ghali rêve depuis des années d'occuper ce fauteuil. Une guerre de succession semble donc poindre dans le sillage d'un séisme politique.
ANALYSE

Elle a fait tomber la foudre sur la mairie de Marseille. Michèle Rubirola a annoncé démissionner de son poste de maire de la cité phocéenne mardi après-midi pour "raison de santé". "J'ai pris la décision de quitter mes fonctions de maire de Marseille", a annoncé, déterminée, l'édile devant la presse réunie à la mairie, moins de six mois après son élection sur une liste d'union de la gauche inédite, le Printemps marseillais, qui avait mis fin à 25 ans de règne de la droite. La première femme à la tête de Marseille a également annoncé qu'elle souhaitait "inverser les rôles" avec son premier adjoint Benoît Payan. 

Une démission qui n'est pas une si grande surprise...

Cette démission n'est finalement pas une si grande surprise puisque la rumeur de son départ ne faisait qu'enfler à Marseille ces dernières semaines. Sans compter que, selon des propos rapportés par Le Monde mi-octobre, l'édile de 64 ans avait confié à une personnalité de gauche avoir l'intention de rester en poste seulement "trois mois". 

Désormais actée, sa démission soulève néanmoins la question de son successeur. Si Michèle Rubirola a clairement indiqué qu'elle souhaitait que "Benoît Payan devienne maire", ce ne sera pas chose aisée. Car le premier adjoint ne fait pas l'unanimité au sein du Printemps marseillais, notamment en raison de son étiquette socialiste. Cette union des partis de gauche possède une courte et fragile majorité locale.

D'autant que des voix s'élèvent déjà dans l'opposition locale pour dénoncer des manœuvres politiques, à l'instar du président Les Républicains de la région PACA, Renaud Muselier, qui a dénoncé au micro d'Europe Soir "une tambouille politicienne". De son côté, l'extrême droite demande même que les Marseillais soient rappelés aux urnes. 

... mais qui risque de déclencher une guerre de succession

Si, selon plusieurs sources locales, un accord est en cours pour que Benoît Payan échange de mandat avec Michèle Rubirola, rien ne dit pour l'heure si sa majorité va l'accepter. Sans compter que le plus grand obstacle reste certainement Samia Ghali. L'ex-sénatrice PS et deuxième adjointe à la mairie rêve d'occuper le fauteuil de la cité phocéenne depuis des années. Lors des dernières élections municipales, elle n'avait abandonné son projet que grâce à un accord passé avec Michèle Rubirola. L'élue des quartiers nord de la ville tient là une occasion de porter enfin l'écharpe tricolore.  

Que Benoît Payan ou Samia Ghali succède à Michèle Rubirola, une chose semble certaine : les socialistes pourraient revenir au pouvoir à Marseille, 35 ans après Gaston Defferre.