Darmanin hué au Sénat après un tweet contesté

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Gérald Darmanin a été accueilli par les huées des sénateurs LR. © ERIC FEFERBERG / AFP
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Alors qu'un de ses tweets sur la fiscalité des élus locaux avait provoqué une suspension des débats au Sénat, le ministre a été fraîchement accueilli mardi au Palais du Luxembourg. 

La majorité sénatoriale de droite l'attendait de pied ferme après son tweet de vendredi : le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, issu des rangs LR, a été hué mardi lors de la séance des questions au gouvernement. A chaque prise de parole, le ministre a essuyé les "bouh bouh" des bancs de droite, couvrant une partie de ses propos.

"Il est vrai qu'au lieu de faire des tweets, il vaut mieux dire en face les choses", a déclaré le ministre, ajoutant qu'il aurait "pu aussi lire les très nombreux tweets d'attaques personnelles" qu'il a reçus.

Des "raccourcis malvenus", selon LR. L'examen du projet de loi de finances pour 2019 avait été interrompu entre vendredi et lundi après un tweet du ministre des Comptes publics contestant une mesure adoptée par la haute assemblée en faveur des élus locaux.

Jerôme Bascher (LR) a interpellé Édouard Philippe sur cet incident "qui s'est déroulé (...) au lendemain de la fin du congrès des maires, et qui nous semble grave pour le respect de nos institutions". "Quand le Sénat travaille à mettre de l'huile dans les rouages de la République, le gouvernement répond par des déclarations et des tweets mettant de l'huile sur le feu par des raccourcis malvenus", a-t-il accusé.

Darmanin maintient qu'il y a "un problème de rémunération des élus des petites communes". "Le Premier ministre m'a autorisé à vous répondre parce qu'il me semble être légèrement concerné par votre question", a déclaré Gérald Darmanin, sous les huées. "Sans doute aurais-je dû être à ma place au banc", vendredi, a-t-il dit, expliquant avec une pointe d'ironie qu'il se trouvait alors dans sa commune: "Il est vrai que de temps en temps, j'ai un petit remord (...) j'ai été maire", a-t-il glissé, déclenchant une nouvelle salve de protestations.

"Sur le fond, y a-t-il un problème de rémunération et notamment de fiscalité depuis 2017 des élus des petites communes ? (...) la réponse est oui. Est-ce que cet amendement correspondait à l'exposé des motifs que vous avez présentés ? L'honnêteté nous pousse à dire que la réponse est non", a-t-il poursuivi. L'amendement fera jeudi l'objet d'une seconde délibération.