Darmanin critiqué pour avoir dit qu'il "s'étouffe" quand il entend le terme "violences policières"

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Gérald Darmanin a réfuté le terme violences policières.
Gérald Darmanin a réfuté le terme violences policières. © Thomas SAMSON / AFP
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réfuté le terme de "violences policières", disant "s'étouffer" quand il "entend le mot". Cette expression a été vivement critiquée, notamment par la famille de Cédric Chouviat, le livreur mort lors d'une interpellation et qui avait répété à plusieurs reprises "j'étouffe". 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réfuté mardi, comme ses prédécesseurs, le terme de "violences policières", estimant devant la commission des lois de l'Assemblée nationale que la police exerce "une violence légitime".
"Quand j'entends le mot 'violences policières' personnellement je m'étouffe", a déclaré le ministre de l'Intérieur. Cette dernière phrase a été vivement critiquée sur les réseaux sociaux, notamment par la famille et les avocats de Cédric Chouviat, le livreur mort lors d'une interpellation en janvier dernier après un contrôle routier houleux. 

"Les mots du nouveau ministre de l'Intérieur (Gérald Darmanin), qui évidemment ne peuvent être fortuits, ont profondément scandalisé et heurté la famille de Cédric Chouviat", affirment dans un communiqué ses avocats Me William Bourdon, Arié Alimi et Vincent Brengarth. "Chacun doit mesurer ce que disent ces propos du mépris et du cynisme du ministre de l'Intérieur pour les familles endeuillées ou meurtries par des violences policières".

La famille de Cédric Chouviat s'indigne 

Comme l'a repéré le Huffington Post, les propos du ministre ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux. La raison : une expertise réalisée sur des vidéos du téléphone de Cédric Chouviat et par l'un des policiers a montré que le livreur avait répété à sept reprises le mot "je m'étouffe", avant de mourir. Arié Alimi, l'avocat de la famille Chouviat, avait déjà vivement réagi sur Twitter. "Vous venez, Monsieur Darmanin, de dépasser toutes les limites de la décence", a-t-il écrit sur le réseau social. 

La sœur de Cédric Chouviat a également partagé sa colère sur Twitter, réclamant des "excuses" au ministre. 

Trois policiers mis en examen pour "homicide involontaire" 

Cédric Chouviat, un père de famille de 42 ans, a eu un malaise lors de ce contrôle policier le 3 janvier près de la Tour Eiffel, au cours duquel il a été plaqué au sol avec son casque sur la tête. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il est mort le 5 janvier. Trois policiers ont été mis en examen pour "homicide involontaire" début juillet et placés sous contrôle judiciaire. Une quatrième membre de l'équipage, qui a filmé la scène de l'arrestation, a pour sa part été placée sous le statut de témoin assisté. 

Les "violences policières" ont régulièrement été dénoncées lors des manifestations de "gilets jaunes" et plus récemment lors de marches en hommage à Adama Traore ou Cédric Chouviat, décédés lors d'interventions des forces de l'ordre.