Le premier objectif, c'est, officiellement, de trouver une issue à la tripartition de la vie politique et à l'absence de majorité à l'Assemblée nationale. Marine Le Pen veut éviter que le front républicain du second tour des dernières législatives ne se reproduise et l'empêche à nouveau de gouverner.
"Emmanuel Macron a, à de multiples reprises, promis cette proportionnelle"
Mais la présidente des députés du Rassemblement national sait aussi que la promesse de 2017 d'Emmanuel Macron ne fait plus tellement l'unanimité par les troupes du chef de l'État. D'où sa volonté de questionner la cohérence du camp présidentiel à sa sortie de Matignon.
"Si on écoute les différents partis politiques, ils sont à peu près tous pour la proportionnelle, à part LR. Je suis désolée, mais enfin moi, je veux bien qu'on m'explique aujourd'hui que Renaissance est contre la proportionnelle, mais Emmanuel Macron a, à de multiples reprises, promis cette proportionnelle. Y compris, avant même d'avoir été élu pour la première fois. Je n'ose imaginer quand même que son mouvement vienne le contredire sur un sujet aussi important que celui-là".
Cela tombe bien. Gabriel Attal est reçu ce jeudi par François Bayrou à Matignon et les deux hommes pourraient bien afficher leur désaccord. Une aubaine pour Marine Le Pen qui a déjà fait de la non mise en place de la proportionnelle un motif de censure. L'occasion aussi d'afficher l'unité du RN, qui contrasterait avec les divisions du bloc central.