Congrès des Maires de France : Non, Emmanuel Macron n'a pas convaincu les maires

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Le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours d'ouverture au 102e Congrès des Maires de France, Porte de Versailles, le 19 novembre 2019 1:30
Le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours d'ouverture au 102e Congrès des Maires de France, Porte de Versailles, le 19 novembre 2019 © LUDOVIC MARIN / AFP
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Face à plusieurs milliers d'élus réunis Porte de Versailles à Paris pour le congrès de l'Association des Maires de France, Emmanuel Macron a essayé d'amadouer les édiles au cours d'un long discours. "J'ai besoin de vous", a même lancé le chef de l'Etat, qui a peiné à convaincre une assistance moins hostile que les années précédentes. 
REPORTAGE

A quatre mois des élections municipales, Emmanuel Macron a tenté une opération séduction devant le congrès de l'Association des Maires de France (AMF), un rendez-vous annuel qu'il avait boudé l'an passé. "Rien ne se fera sans vous", a même lancé le chef de l’exécutif face aux édiles, qu'il souhaite placer au cœur de l'acte deux de son quinquennat. Mais si le Président de la République n'a pas récolté de sifflets des élus lors de son grand discours d'ouverture mardi Porte de Versailles, il n'a pas convaincu grand monde. 

De maigres applaudissements

"Je m’attendais à ce qu’il me remonte le moral. Je suis ressortie sans rien, je suis déçue", confie désabusée la maire d'un petit village de l'Eure. Devant les élus, Emmanuel Macron n'a pas suscité d’enthousiasme particulier. Même quand il liste les engagements qu'il a tenu, comme "les 14.000 lignes de fibres optiques tirées chaque jour ouvré", il ne récolte que de maigres applaudissements polis de l'assistance. La faute à un sentiment de défiance tenace. "La suppression de la taxe d'habitation nous reste en travers de la gorge", expliquait mardi François Baroin, le patron de l'Association des maires de France, en petit comité.

Cette taxe, pourtant compensée, inquiète toujours autant. "Est-ce que l'on va supprimer des associations, est-ce que l'on va fermer des équipements ?" demande une maire des Yvelines qui explique que sa commune "est à l'os". "Je n'ai pas l'impression d'avoir eu des réponses", commente-t-elle, déçue par le discours d'Emmanuel Macron. 

 

"Le contrat est rempli"

Dans la salle, certains ont pourtant bien noté les appels du pied du Président. "Je me sens, à votre contact, maire de la commune France" a-t-il notamment dit dans une forme de déclaration d'amour aux élus locaux. "Après tout ce qui s'est passé l'année dernière, Emmanuel Macron a compris que les maires pouvaient être un relais pour lui", explique Caroline Cayeux, maire (LR) de Beauvais, soutenue par la République en Marche aux prochaines élections municipales. Malgré les réactions plutôt tièdes, au sein du gouvernement on est satisfait par la séquence. "C'était beaucoup mieux que les années précédentes", confie même un conseiller du Président, avant de conclure sans passion que "le contrat est rempli".  

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot avec Cédric Chasseur