Comment le conflit entre Israël et le Hamas embrase la classe politique française

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Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a interdit à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi. 1:12
Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a interdit à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a interdit à la demande du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi, en raison de risques de "troubles à l'ordre public". Cette décision, à l'image du conflit, embrase la classe politique française. 

Les organisateurs et leurs soutiens d'une partie de la gauche espéraient obtenir gain de cause. Mais l'interdiction de la manifestation pro palestinienne prévue samedi à Paris a finalement été confirmée par le tribunal administratif vendredi en fin d'après-midi. Cette décision avait été annoncée jeudi soir par le préfet de police de Paris, Didier Lallement, à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, en raison de risques de "troubles à l'ordre public". A l'image du conflit actuel entre Israël et le Hamas, l'interdiction a embrasé la classe politique française. 

Jean-Luc Mélenchon a allumé la mèche sur Twitter : "La France, seul pays au monde où sont interdites toutes les manifestations de soutien aux Palestiniens et de protestation contre le gouvernement d'extrême droite israélien !", écrit le chef des Insoumis. Le patron du PS Olivier Faure embraye : "Un précédent vieux de 7 ans ne peut justifier de contrevenir à la liberté de manifester." 

Une interdiction "sage", selon Anne Hidalgo

Pour motiver l'interdiction, le préfet Lallement a pointé "un risque sérieux" de "troubles graves à l'ordre public", ainsi que d'"exactions contre des synagogues et intérêts israéliens". Et mis en avant, comme Gérald Darmanin, le précédent de 2014, lorsqu'une manifestation pro palestinienne à Paris avait dégénéré en violences urbaines. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a jugé "sage" la décision du gouvernement. "Je crains des violences puisqu'en 2014, nous avons tous gardé le souvenir d'une manifestation extrêmement difficile où des propos terribles comme 'mort aux Juifs' ont été proférés", a-t-elle déclaré.

Les soutiens et prises de position pleuvent

La rupture ne se limite pas à l'interdiction de la manifestation. Depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hamas, les politiques affichent leurs prises de position. Dans un communiqué prudent, l'Elysée a appelé vendredi à un retour "au calme et à la paix" dans l'Etat hébreux, avant de condamner fermement "les tirs revendiqués par le Hamas nuisant à la sécurité d'Israël". Pour le député LFI de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, "c'est un conflit géopolitique, le problème, c'est un peuple colonisé qui a sa capitale occupée contre toutes les résolutions de l'ONU".

La droite, elle, apporte un soutien appuyé au pays de Benjamin Netanyahou, Valérie Pécresse évoquant notamment de "légitimes ripostes". Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, lui, demande l'interdiction des manifestations propalestiniennes à Nice. Marine Le Pen estime quant à elle que "la pluie de missiles lancée par le Hamas sur les populations civiles israéliennes est un acte inacceptable".

Le recours des organisateurs de la manifestation parisienne a été examiné vendredi et la décision devrait être rendue samedi matin. Les organisateurs comptaient notamment y dénoncer la position de la France, jugée trop favorable à Israël. 

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Laetitia Drevet