Bruno Questel : le délai de prescription sur le viol "n'est pas audible pour les personnes concernées"

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Invité vendredi d'Europe Matin, Bruno Questel, député La République en marche de l'Eure qui a révélé en janvier dernier avoir été victime d'un viol lorsqu'il était enfant, a estimé que le délai de prescription face à de tels crimes posait problème. Il espère un important travail législatif en la matière, qui puisse transcender les clivages politiques.
INTERVIEW

Bruno Questel, député La République en marche de l'Eure, a révélé sur Twitter le 18 janvier dernier avoir été victime d'un viol alors qu'il n'avait que onze ans. L'élu réagissait alors aux propos tenus par l'ancien ministre de la Culture Jack Lang sur notre antenne, Interrogé sur son absence de réaction quant aux accusations d'inceste formulées contre le politologue Olivier Duhamel, celui-ci avait déclaré :"Je ne peux pas m'indigner à chaque minute. [...] C'est une honte ce qui a été accompli par Olivier Duhamel. Il n'y a pas de mot pour désigner l'inceste, la pédophilie."

Invité vendredi d'Europe Matin, Bruno Questel espère désormais que les révélations des dernières semaines, autour de différentes affaires de pédophilies, "ne seront pas moment, une séquence d'actualité", mais "une prise de conscience". Il appelle ainsi à légiférer sur ces questions, et à une responsabilité qui transcende les étiquettes politiques. "La sphère politique est tellement décriée que sur ces sujets-là nous n'avons pas le droit de ne pas être à la hauteur", déclare-t-il.

Remettre en question le délai de prescription

L'élu estime notamment qu'il convient de revenir sur le délai de prescription. "On ne peut pas dire à une femme ou un homme : 'il fallait te réveiller plus tôt parce que le délai de prescription est passé'. Ça n'est pas audible pour les personnes concernées et pour la société dans son ensemble", explique-t-il. En France, le délai de prescription pour un viol est de vingt ans à partir de la date où le crime a été commis. Lorsque la victime est mineur au moment des faits, le délai de prescription est de trente ans, mais ne commence à courir qu'à partir de la majorité de la victime.

"Il faut que l'on soit capable de poser les meilleurs mots dans la loi à venir", poursuit Bruno Questel. S'il ne souhaite pas devenir "le porte étendard" du travail législatif qui sera accompli sur ce sujet, il assure qu'il sera "présent dans l'hémicycle [...], parce que maintenant je ne peux pas reculer."

Europe 1
Par Romain David