Attentats : Borloo appelle à éviter tout risque de "terreau pour les assassins"

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G.S. , modifié à
Selon l'ancien leader de l'UDI, il "faut être attentif" à ceux "qui se sentent isolés" pour éviter tout risque de "terreau" aux assassins.   
INTERVIEW

Jean-Louis Borloo ressent "peine" et "colère", deux semaines après les attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre. Mais l'ancien président de l'UDI, qui s'exprime pour la première fois depuis les attaques, lors de l'émission Europe 1 dimanche soir, entend "rationaliser" cette colère. "On ne peut pas ne pas nous interroger sur un certain nombre de choix stratégiques, de choix diplomatiques, voire de choix de société", explique l'ancien ministre de la Ville.

Eviter tout risque de "terreau". "Je n'effleure pas une seconde la politique de l'excuse. Mais je pense qu'il faut être extrêmement attentif, pour soutenir un certain nombre de personnes qui se sentent seules dans la société française. Je pense aux mamans isolées, aux problèmes de scolarité de la petite enfance qui engendre de la violence", détaille Jean-Louis Borloo. Le centriste ne veut pas parler de "responsabilité". Mais c'est selon lui "dans notre intérêt" de tirer les leçons du passé.

"Il y a eu une immigration massive de main d'œuvre, fait avec peu de précaution. Il y a eu des constructions dans des conditions invraisemblables dans les années 60-70, avec une ghettoïsation de la société, dans un drame sociale après le grand choc pétrolier. Ça on ne l'a pas vu. Dans les années 90, on avait une émeute par jour, jusqu'aux grandes émeutes de 2005. Ça c'était une crise sociale. Les assassinats d'il y a 15 jours ne sont pas le signe d'une crise sociale. Pour autant, c'est notre intérêt, de ne pas laisser ne serait-ce qu'un tout petit risque de terreau aux assassins", argumente Jean-Louis Borloo.

"Eviter des centaines de Boko Aram". Sur la Syrie, Jean-Louis Borloo refuse de s'exprimer outre-mesure. Selon le président de la Fondation Energies pour l'Afrique, "nous avons un gouvernement et un président de la République qui font le job. Rien ne doit être dit, dans cette période particulière, qui puisse soutenir la collectivité nationale". Pour Jean-Louis Borloo, enfin, il faut que l'Europe se tourne toute entière vers l'Afrique, pour ne pas y voir naître "des centaines de groupes terroristes comme Boko Aram".