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Affaire Lyhanna : «C'est la confiance en nos institutions qui est posée», déclare Macron en Conseil des ministres

Emmanuel Macron. [Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

En Conseil des ministres, le président Emmanuel Macron a estimé que "la confiance en nos institutions est posée" après les dysfonctionnements observés dans l'affaire Lyhanna. Le chef de l'État a affirmé que "précipitation" et "démagogie" ne sont pas des réponses "à la hauteur".

Emmanuel Macron a reconnu mercredi en Conseil des ministres "des dysfonctionnements manifestes" dans l'affaire Lyhanna, qui posaient "la confiance en nos institutions", mais a appelé à attendre le résultat des inspections pour réagir "à la lumière des faits" et "sans démagogie".

"Il est évident qu'il y a eu des dysfonctionnements manifestes"

Faisant part "de l'émotion de la Nation" et "de l'affection et la solidarité avec la famille", il a estimé que l'affaire posait "la question de la confiance en nos institutions", selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

"Il est évident qu'il y a eu des dysfonctionnements manifestes. Il faut comprendre désormais ce qui relève des responsabilités individuelles et des dysfonctionnements systémiques dans l'ensemble des services publics impliqués", a ajouté le chef de l'État.

Cependant, il a appelé à attendre le résultat des inspections, le 19 juin, pour agir "avec méthode" et "renforcer tout ce qui doit l'être à la lumière des faits". "On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur", a-t-il ajouté.

Si le projet de loi récemment déposé sur la protection de l'enfance doit "être modifié, c'est uniquement au regard des faits", a jugé Emmanuel Macron, qui n'a pas fait allusion à la proposition de loi voulue par le Parlement pour traiter de manière globale ("intégrale") les violences sexistes et sexuelles.

Le gouvernement ne veut pas se cacher

Maud Bregeon a assuré que "nous ne mettrons pas la poussière sous le tapis". "Si des sanctions sont nécessaires, elles seront prononcées. Si le texte de loi présenté par le gouvernement doit être amendé, il sera amendé", a-t-elle répété.

"Personne ne peut se dédouaner de ses responsabilités et ça vaut aussi pour les acteurs de l'institution judiciaire. Nous sommes dans un moment où le corporatisme n'a pas sa place", a-t-elle ajouté.

Emmanuel Macron a également défendu son bilan en matière de justice. "Le budget de la justice a été augmenté de 54% depuis 2017. Ça ne signifie pas que le sujet a été épuisé, bien sûr, mais pour autant on ne découvre pas les carences du système judiciaire", a relayé Maud Bregeon.

La porte-parole du gouvernement a également défendu Gérald Darmanin, cible de nombreux appels à la démission, alors que le garde des Sceaux ne se cacherait pas depuis le début de ce drame : "Ceux qui prétendent que la démission de Gérald Darmanin résoudrait quelques problèmes que ce soit manquent de respect aux Français et mentent aux Français dans une situation qui est dramatique. C'est de la petite politique."

Un peu plus tard dans la journée, lors de sa visite d'une unité qui accompagne les enfants victimes de violences à l'hôpital Robert-Debré à Paris, Emmanuel Macron, accompagné de sa femme Brigitte, a glissé quelques mots sur l'affaire. 

"On vit dans un moment du pays qui est très dur, à plein d'égards, et qui nous a tous beaucoup choqués, mis en colère profondément et attristés, parce que c'est une enfant qui a été touchée. Et chaque jour, quand des enfants sont touchés, c'est quelque chose qui nous bouleverse", a affirmé le chef de l'État.