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Affaire Lyhanna : la castration chimique, une solution efficace pour lutter contre les crimes sexuels ?

Bruno Retailleau appelle à l'imposition de la castration chimique pour les condamnés pour des faits de crimes sexuels sur enfants (image d'illustration). [David Himbert / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Après l'affaire Lyhanna, Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, se dit favorable à la castration chimique des auteurs d'agressions sexuelles sur mineurs. Il propose de la rendre obligatoire sans leur consentement. Mais est-ce vraiment un moyen de lutte efficace contre les crimes sexuels ?

Faut-il imposer la castration chimique aux pédocriminels, comme le suggère Bruno Retailleau ? C'est un traitement qui peut être envisagé lorsque la personne condamnée est hors d'un établissement pénitentiaire et si le juge a décidé une injonction de soins. En France, la castration chimique dépend du strict consentement du condamné.

La castration n'empêche pas le passage à l'acte

Néanmoins, la castration chimique ne règle pas forcément le problème. La castration chimique est administrée par une injection qui limite la production de testostérone et donc la diminution de la libido. Sauf que ce traitement n'empêche pas le passage à l'acte : "Ça ne passe pas au niveau génital mais plutôt cérébral. C'est pour cela qu'on s'adresse à des psychiatres, explique le docteur Mathieu Lacambre, psychiatre spécialiste de la prise en charge des agresseurs sexuels".

"La castration ne réduit pas totalement le risque de récidive. On peut violer avec les objets", poursuit-il.

Les médicaments qui inhibent la libido doivent être couplés à une thérapie comportementale et un suivi psychiatrique. La pédophilie est un trouble psychologique, il faut donc le traiter à la source. Toutefois, parmi les auteurs de violences sexuelles, une minorité présente un risque de récidive que ni les inhibiteurs de libido, ni la psychothérapie ne parviennent à prévenir.