Face aux manquements de la justice dans le cadre de l'affaire Lyhanna, près de trois Français sur quatre se disent favorables à la création d'une cour disciplinaire de la magistrature, révèle ce mercredi un sondage CSA pour Europe 1. L'institution, composée de citoyens tirés au sort et de professionnels, permettrait de prononcer d'éventuelles sanctions contre des magistrats.
La mort de Lyhanna remet sur le devant de la scène la lenteur de la chaîne judiciaire, et les erreurs qui peuvent être commises par certains magistrats, notamment lorsque ces derniers négligent leur dossier.
Quelques jours après la découverte du corps sans vie de la jeune adolescente, et alors que le principal suspect Jérôme B. est visé déjà par trois plaintes pour viols sur mineurs, la question de sévir face aux manquements de la justice s'invite dans les débats.
Ainsi, près de 75% des Français estiment qu'il faut créer une cour disciplinaire de la magistrature afin de prononcer d'éventuelles sanctions contre les magistrats qui ont failli dans leurs fonctions, révèle un sondage CSA pour Europe 1/CNews et le Journal du dimanche. Cette cour disciplinaire serait composée de citoyens tirés au sort, qui siègeraient aux côtés de magistrats et de personnels qualifiés.
Des sondés divisés selon
Actuellement, il existe le Conseil supérieur de la magistrature, qui est en charge de sanctionner les magistrats. Selon Gérald Darmanin, ministre de la Justice, la structure prononce une vingtaine de sanctions par an.
Dans le détail, les hommes sont moins favorables à la création d'une cour disciplinaire que les femmes (70% contre 79%). De même, les plus âgés sont les moins favorables à cette idée (65% chez les 65 ans et plus), quand près de 96% des 18-25 ans se disent pour cette cour disciplinaire.
Sans surprise, partisans de gauche et de droite ont un avis opposé sur la question. À gauche, près de 45% des sondés s'opposent à l'idée, tandis qu'à droite, ils ne sont que 14% à y être défavorable. Les sondés proches du Rassemblement national sont les plus favorables à cette idée (95%), quand les électeurs socialistes y sont les plus opposés (54% d'opinion favorable).
*Échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de 18 ans et plus Méthode des quotas basée sur les critères de sexe, d’âge et de profession du répondant après stratification par région et catégorie d’agglomération. Afin d’assurer la représentativité des résultats, les données ont été redressées sur les variables de sexe, âge, profession, région, catégorie d’agglomération et vote au premier tour de l’élection présidentielle 2022.