À quelle première dame ressemble Brigitte Macron ?

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Depuis qu'elle est à l'Élysée, Brigitte Macron tente de s'affirmer dans son rôle de Première dame, comme l'ont expliqué les invités de Wendy Bouchard, mercredi. Avec quelques points communs à celles qui l'ont précédée.
LE TOUR DE LA QUESTION

Elle est à l'Élysée depuis maintenant dix-sept mois mais son rôle et sa personnalité sont encore mal connus des Français : qui est vraiment la Première dame Brigitte Macron, épouse du chef de l'État depuis 2007, dix ans avant l'accession de ce dernier à l'Éysée ? Autour de Wendy Bouchard dans Le Tour de la question, mercredi sur Europe 1, Jocelyne Sauvard, journaliste et auteure d'Yvonne et Charles, dans l’intimité du général (éditions Grasset), en a débattu, accompagnée des journalistes Catherine Nay et Robert Namias.

Et celle qui habite maintenant rue du Faubourg Saint-Honoré, après avoir été professeure de littérature, a des traits de personnalité qui rappellent les femmes qui l'ont précédée dans son rôle depuis le début de la Vème République, en 1958. Yvonne de Gaulle, Claude Pompidou, Anne-Aymone Giscard d'Estaing, Danielle Mitterrand, Bernadette Chirac, Cécilia Sarkozy, Carla Bruni, Valérie Trierweiler et Julie Gayet… Brigitte Macron a des points communs avec certaines d'entre elles. En voici quelques exemples.

Consciente du pouvoir de la presse people, comme Claude Pompidou

C'est l'une des armes utilisées par le couple Macron pour se faire connaître auprès des Français : s'afficher en couverture de la presse people pour toucher un public féminin, pas forcément attiré par le monde politique. De 2014, quand Emmanuel Macron est devenu ministre de l'Intérieur, à 2017, date de l'élection de son mari à l'Élysée, Brigitte Macron a joué cette carte grâce à sa proximité avec "Mimi" Marchand, personnalité influente de la presse people avec son agence Bestimage.

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

Cet attrait pour le papier glacé de Paris-Match (propriété du groupe Lagardère comme Europe 1) et d'autres médias people rappelle celui qui avait cours pour cette nouvelle manière de raconter le pouvoir, au début des années 1970. "La première séquence de vrai pipolisation, c'est Claude et Georges Pompidou qui l'ont organisée", se souvient Robert Namias. "Il y a un fameux film où on les voit à l'Élysée, en 1970, quelques mois après l'élection. Tout cela est supposé être quelques images volées, alors que tout est parfaitement organisé." La presse people prendra ensuite son essor avec le couple Giscard d'Estaing et Mitterrand, avant Sarkozy-Bruni à la fin des années 2000.

Attirée par l'apparat du couple présidentiel, comme Yvonne de Gaulle

"Elle tient à ce qu'il y ait un retour du couple présidentiel. Ils souhaitent se réinstaller dans cet apparat-là", croit savoir Robert Namias à propos du couple présidentiel voulu par Brigitte Macron jusqu'en 2022. Ce rôle de représentation, la première dame actuelle le veut en décalage avec la présidence précédente, avec un François Hollande très seul à partir de 2014. Mais sa vision rappelle inévitablement celle de la présidence de Gaulle. "Quand Charles et Yvonne de Gaulle ont reçu les Kennedy [au printemps 1961, NDLR], la façon dont ils les ont accueillis à Versailles était princière", rappelle Jocelyne Sauvard, dont le livre sur le général et son épouse sort mercredi.

Avec un rôle politique, comme Danielle Mitterrand

Si Danielle Mitterrand "tirait son mari François vers la gauche", comme l'explique Robert Namias, vers où Brigitte veut tirer Emmanuel Macron ? Car la Première dame actuelle joue bien un rôle politique auprès du chef de l'État. "Il se murmure qu'elle lui passe un savon", glisse Catherine Nay. "Elle lui parle de manière un peu abrupte, [car] elle est la seule personne qui peut lui dire les choses. Elle a un sens politique et une maturité qu'il n'a pas encore." Selon plusieurs médias, Brigitte Macron a publiquement recadré son époux sur ses déclarations à propos de la colonisation, qu'il avait considérée avant l'élection présidentielle comme "un crime contre l'humanité".

Danielle Mitterrand, elle, avait une "culture de gauche", selon Robert Namias : "François Mitterrand a écouté sa femme en termes de politique étrangère." C'est aussi le cas avec Brigitte Macron, mais plutôt sur "la santé, le handicap et l'éducation" : "Quand je suis interpellée sur des sujets, j'en discute avec mon mari, et on voit comment faire au mieux. Souvent, je m'associe aux ministres concernés", déclarait-elle à BFM TV, en février 2018.

Plutôt à l'aise à l'Élysée, comme Bernadette Chirac

Première dame à l'Élysée, une place difficile ? Loin d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing ou Valérie Trierweiler, peu à l'aise au palais présidentiel, Brigitte Macron affirme s’accommoder de son rôle actuel. "Je dois dire que c'est beaucoup plus facile que je ne croyais", déclarait-elle dans le même entretien à BFMTV. Des propos qui rappellent l'aisance avec laquelle Bernadette Chirac affirmait qu'elle aurait pu vivre toute sa vie à l'Élysée. "C'est elle qui a le mieux aimé le job", assure Catherine Nay. "Elle a refait les salons et les salles à manger et déclarait que c'était un 'honneur de servir la France'."

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec