Comment l'Elysée gère la polémique Jouyet

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Alexandre Kara, David Doukhan et Louis Hausalter , modifié à
MAUVAISE PASSE - La présidence tente de renvoyer l'affaire vers d'autres cibles : la droite, mais aussi les journalistes du Monde.

François Hollande n'avait pas besoin de ça. Le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, est sous pression après ses revirements à propos de son déjeuner de juin avec François Fillon. Mais le président est déterminé à ne pas lâcher son ami de trente ans. Dimanche, Jean-Pierre Jouyet a proposé sa démission à François Hollande, mais celui-ci l'a refusée. Reste que le chef de l'Etat doit désormais sortir par le haut de cette mauvaise passe.

Taper sur la droite. La stratégie de l'Elysée consiste d'abord à riposter en ciblant la droite. "Poser des questions sur Jean-Pierre Jouyet, c'est marcher dans leurs manips", répètent inlassablement les communicants élyséens depuis lundi soir. "Ils essaient de faire oublier leurs affaires sordides en nous mettant en cause".

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"Jouyet a été enregistré à son insu". Autre cible, les deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui ont révélé les propos du secrétaire général de l'Elysée. Car Jean-Pierre Jouyet l'a dit à François Hollande, il est persuadé d'avoir été enregistré à son insu. De hauts responsables de la majorité s'offusquent que dans cette affaire, personne ne se penche sur l'éthique journalistique.

L'Elysée tente donc de faire face. Et lorsqu'on demande des explications sur le mensonge du secrétaire général, qui a affirmé une chose puis son contraire à trois jours d'intervalle, c'est le déni : "mensonge, pas mensonge, on ne veut pas parler de ça".

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Les ministres aux abonnés absents. Autrement dit, tout le monde à l'Elysée a reçu cinq sur cinq le message de François Hollande : il faut sauver le soldat Jouyet. D'autant que le gouvernement est aux abonnés absents. Les ministres ne se bousculent pas pour défendre l'ami du président, notamment ceux qui avaient déconseillé à Hollande de nommer à l'Elysée un homme trop proche de la droite à leur goût. Ils sont d'ailleurs plusieurs à décrire une situation "intenable" et à pronostiquer un départ inéluctable de Jean-Pierre Jouyet.

Mais c'est sans compter la détermination de François Hollande qui, au-delà de l'amitié, raisonne d'abord en termes de stratégie politique. Pour lui, se séparer de Jean-Pierre Jouyet, ce serait faire un cadeau à l'opposition et permettre à François Fillon de sortir blanchi de cette affaire.

Laisser retomber la pression. L'Elysée compte bien sur ce mardi 11 novembre, jour férié marqué par deux commémorations auxquelles assistera François Hollande, pour tenter de faire retomber la pression. Le président espère que les choses se seront tassées avant mercredi et les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

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