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Incendie à Crans-Montana : le propriétaire du bar, Jacques Moretti, placé en détention provisoire pour trois mois

Incendie à Crans-Montana : le propriétaire du bar, Jacques Moretti, placé en détention provisoire pour trois mois
Jacques Moretti, le propriétaire français du bar Le Constellation, incendié lors de la nuit du Nouvel An dans la station de ski suisse de Crans-Montana, a été placé en détention provisoire pour une durée de trois mois. Cet incendie a causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés, dont beaucoup de grands brûlés.

Le propriétaire du bar Le Constellation de Crans-Montana, Jacques Moretti, a été placé en détention provisoire pour une durée de trois mois, plus de dix jours après l'incendie dramatique de l'établissement durant la nuit du Nouvel An. Cette tragédie avait causé la mort de 40 personnes et fait 116 blessés, dont beaucoup de grands brûlés.

Vendredi, en parallèle de l'hommage national aux victimes, le gérant avait été placé en détention préventive. Après une audition de plus de six heures, le ministère public du canton du Valais avait demandé au tribunal des mesures de contrainte la mise en détention provisoire de Jacques Moretti, mis en cause dans l'enquête ouverte, évoquant un risque "concret" de fuite compte tenu de compte tenu de "ses déclarations, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l'étranger".


Ce lundi, le tribunal des mesures de contrainte a confirmé la décision du ministère public et ordonné le placement en détention de Jacques Moretti pour une durée initiale de trois mois. Dans un communiqué, les avocats du couple ont déclaré que la décision du tribunal permettrait à Jacques Moretti "une fois les conditions réunies, de recouvrer la liberté", tout en soulignant "l’engagement inconditionnel" du couple "de ne pas se soustraire" à la justice.

Une privation de liberté réclamée par les avocats des familles des victimes

Cette détention pourra toutefois être levée, précise le communiqué, si Jacques Moretti verse notamment une caution et apporte d'autres garanties pour "contrer le risque de fuite". Celles-ci peuvent inclure le port d'un bracelet électronique ou encore l'obligation de se présenter régulièrement à la police, comme c'est déjà le cas pour son épouse Jessica Moretti.

Du côté des parties civiles, Me Jean-Luc Addor, avocat des parents de l'une des victimes, s'inquiète de l'absence d'examen du risque de collusion par la justice suisse.

"Il me semble évident qu'en plus du risque de fuite, il y a un risque de collusion, c'est-à-dire que le tenancier puisse influencer l'enquête en se concertant, d'une manière ou d'une autre, avec d'autres personnes, à commencer par sa propre épouse. Cela inquiète beaucoup d'imaginer que moyennant le dépôt d'une somme dérisoire, le tenancier pourrait se retrouver à nouveau en liberté", a-t-il déclaré.

Les avocats des familles des victimes réclamaient cette détention provisoire depuis plusieurs jours. "Ça fait depuis le 4 janvier, donc depuis plus d'une semaine, que nous demandons, entre autres, la mise en détention provisoire des tenanciers, parce que, sans entrer dans les détails de l’enquête, l'enjeu est de garantir la crédibilité et la rigueur de celle-ci, afin que les faits soient établis et que l’on puisse ensuite en déduire les responsabilités", ajoute Me Jean-Luc Addor.

Une telle mesure de contrainte n'a pas été ordonnée pour l'épouse du gérant, également copropriétaire du bar, qui reste libre. Le ministère public avait estimé vendredi que "vu son parcours et ses attaches personnelles (...) une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite".