Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

SONDAGE - 81% des Français estiment qu’il faut sanctionner plus durement les consommateurs pour lutter contre le trafic de drogues

Les consommateurs de drogues sont désormais dans le viseur du gouvernement.
Le président Emmanuel Macron a récemment pointé du doigt les consommateurs de drogues, estimant que ce sont "parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants". Face à cela, 81% des Français jugent qu’il faut sanctionner plus durement les consommateurs pour lutter contre le trafic de drogues, selon un sondage CSA pour Europe 1, CNEWS et le JDD.

Les consommateurs de stupéfiants ont-ils conscience d’être complices du trafic de drogue ? Lors du Conseil des ministres, mercredi dernier, Emmanuel Macron a estimé que ce sont "parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants", a rapporté la porte-parole du gouvernement dans son compte-rendu.

Pour le chef de l’État, "on ne peut pas déplorer d'un côté les morts et de l'autre continuer à consommer le soir en rentrant du travail", a ajouté Maud Bregeon. Désormais, les consommateurs sont eux aussi dans le viseur du gouvernement. Un constat partagé par une bonne partie de la population, qui souhaite voir la loi se durcir. 

Selon un sondage CSA pour Europe 1, CNEWS et le JDD, 81% des Français estiment qu’il faut sanctionner plus durement les consommateurs pour lutter contre le trafic de drogues. À titre de comparaison, en octobre 2024, les sondés étaient moins favorables à un durcissement des sanctions (77%). Cela indique donc qu’il y a une certaine prise de conscience en France sur la responsabilité des usagers de drogues dans le narcotrafic.

Les 18-24 ans fermement opposés aux consommateurs

Dans cette enquête, les avis divergent peu en fonction du sexe, même si les femmes (84%) se montrent plus en faveur des sanctions que les hommes (78%). Même son de cloche pour les catégories socioprofessionnelles, où un écart de 7 points est constaté entre les CSP + (77%) et les inactifs (84%). Les CSP -, elles, se situent au milieu des deux (82%).

En revanche, un écart se creuse en fonction de l’âge. La tendance est importante chez les jeunes et les plus âgés. Les 18 à 24 ans sont quasiment unanimes sur la question avec 96% des sondés qui souhaitent sanctionner plus durement les consommateurs. Et près de neuf Français âgés de plus de 65 ans (87%) sur dix partagent également cet avis. Pour observer une tranche d’âge plus indécise sur le sujet, il faut se tourner vers les 35 à 49 ans (71%).

Les Écologistes divisés, le RN et LR unis

Les personnes interrogées offrent également des réponses différentes selon leur appartenance politique. Même si la gauche (67%) est majoritairement favorable au durcissement des sanctions, elle paraît divisée sur la question. À l’image de La France insoumise (60%) et des Écologistes (57%), plus faible pourcentage dans ce sondage.

La majorité présidentielle (81%) et la droite (83%), de leur côté, suivent la même voix, tandis que les Républicains (89%) et le Rassemblement national (93%) se positionnent très largement sur le sujet. Un positionnement qui suit logiquement les propos de Louis Aliot, du RN, qui souhaite chasser et verbaliser les acheteurs de drogue pour faire diminuer la demande et donc lutter contre le trafic. 

Une menace "au moins équivalente à celle du terrorisme"

Pour rappel, l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, le frère d'un militant engagé contre le narcotrafic, survenu le 13 novembre, a remis la question du narcobanditisme au centre du débat public. Pour le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, en déplacement jeudi dans la cité phocéenne avec Laurent Nunez, le trafic de stupéfiants est une menace "au moins équivalente à celle du terrorisme"

Mais les Français souhaitent voir de véritables actions du gouvernement, bien plus efficaces que les opérations "place nette", dont les résultats n'ont pas apporté satisfaction.