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Eure-et-Loir : la nouvelle route historique d’Henri IV / La tarte au libouli

Eure-et-Loir : la nouvelle route historique d’Henri IV / La tarte au libouli

Date de publication
Épisode · 6 min 16 sec · Culture
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Vanessa, nos enfants, nos petits-enfants ont repris le chemin de l’école. Et nous, ce matin, on les accompagne en quelque sorte en replongeant dans nos cours d’histoire. On emprunte une nouvelle route qui traverse l’Eure-et-Loir : la Route Henri IV.

…une route assez exceptionnelle : elle permet de parcourir tout le territoire et relie une dizaine de sites, plus ou moins fondateurs, autour de la personnalité d’Henri IV. De Chartres, où il a été sacré roi, au château de Châteaudun, où il a séjourné juste avant d’attaquer Vendôme, en passant par le Collège royal et militaire de Thiron-Gardais, fondé par son fils naturel, Henri de Bourbon-Verneuil… la liste est longue.

Je reviens sur ce que vous avez dit : « Chartres, où il a été sacré roi ». En effet, c’est le seul roi à y avoir été sacré…

Exact ! Normalement, les rois de France étaient sacrés à la cathédrale de Reims, vous le savez. Mais en 1594, on est en pleine guerre de Religion. Reims est aux mains des ligueurs — pas des « lieurs », comme on l’entend parfois, mais c’est une coquille historique assez courante — et il est donc inenvisageable d’y sacrer un roi protestant. Henri IV se rabat alors sur Chartres. Sûre et fidèle ! Il y est sacré le 27 février.

Alors, sur cette Route Henri IV, je sais que vous avez eu un gros penchant pour le château de Villebon…

…en effet ! Déjà parce que l’édifice en lui-même est imposant : c’est une véritable forteresse, recouverte de briques rouges. Elle est flanquée de six tours crénelées, entourée de douves toujours en eau et possède… un pont-levis qui fonctionne encore ! C’est rare.

Et puis, c’est surtout le château de Sully, le ministre d’Henri IV. Un gestionnaire très rigoureux. À tel point qu’il a déchiré la promesse de mariage qu’Henri IV avait destinée à Henriette d’Entragues, afin qu’il épouse Marie de Médicis. Un choix plus stratégique : les Médicis étaient les banquiers de Florence et sa dot a permis, en partie, de redresser les finances de la France.

L’histoire du château est passionnante. On ne manque pas la visite de sa collégiale, un petit bijou de la Renaissance, de son pigeonnier, qui n’est ouvert que pendant les Journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre, et de sa série de peintures représentant tous les châteaux de Sully. Il n’en avait que huit, le pauvre !

Et vous nous avez trouvé une adresse pépite sur la route de Chartres…

Maleyssie, à deux pas du théâtre. Une belle adresse feutrée, avec huit suites d’hôtes, une brasserie élégante et un bar avec plusieurs salons.

Adresses :

Office de tourisme d’Eure-et-Loir : https://www.tourisme28.com/experiences/sur-la-route-henri-iv/

Maleyssie : suites d’hôtes / brasserie / bar : https://maleyssie-chartres.fr/fr/

Wivisites : application audio-guide : https://www.wivisites.com/monument_details/route-henri-iv%C2%A0-chemins-d-histoire-en-eure-et-loir

 

LA TARTE AU LIBOULI

Direction le Pas-de-Calais avec un dessert dont le nom ressemble presque à une plaisanterie : la tarte au libouli.

Le libouli, en réalité, ce n’est rien d’autre que du « lait bouilli ». Le mot aurait simplement été transformé par la prononciation locale. Et dans le Nord, on appelle aussi cette tarte la tarte au papin ou la tarte à gros bords.

Pourquoi « gros bords » ? Parce qu’ici, pas question de réaliser une petite pâte toute fine et délicate. La tarte au libouli, c’est du solide ! On utilise une pâte levée, presque briochée, que l’on remonte généreusement sur les côtés pour retenir une crème onctueuse à base de lait, d’œufs, de sucre et de vanille.

En résumé, c’est un peu la rencontre entre une brioche et un flan. Et franchement, le mariage fonctionne très bien.

C’est un dessert très ancien et familial, que l’on préparait notamment à l’occasion des fêtes de village, les fameuses ducasses. Pas besoin de pâtisserie compliquée : du lait, des œufs, du beurre, de la farine… et de quoi nourrir toute la tablée.

Pour 6 à 8 personnes, commencez par la pâte.

Il vous faut 250 grammes de farine, 10 grammes de levure fraîche de boulanger, 10 centilitres de lait tiède, un œuf, 50 grammes de beurre, 25 grammes de sucre et une pincée de sel.

On mélange, on pétrit quelques minutes, puis on laisse tranquillement lever pendant environ une heure.

Et pendant que la pâte travaille, on prépare le fameux libouli.

Faites chauffer 60 centilitres de lait avec une gousse de vanille.

Dans un saladier, fouettez 3 œufs avec 120 grammes de sucre et 60 grammes de farine. Vous pouvez remplacer une partie de la farine par de la Maïzena si vous souhaitez obtenir une crème un peu plus légère.

Versez progressivement le lait chaud sur le mélange, tout en fouettant bien, puis remettez le tout dans la casserole. Quelques minutes à feu doux, en remuant constamment, et la crème va épaissir. Attention à ne pas laisser cuire trop fort, sinon les œufs risquent de coaguler… et là, c’est raté !

Ensuite, on étale la pâte dans un moule en laissant des bords bien hauts. Très important : sinon le libouli risque de couler, et là, on est parti pour un bon nettoyage du four !

On verse la crème, puis direction le four : environ 35 minutes à 180 degrés.

À la sortie, la pâte doit être bien dorée et la crème encore légèrement tremblotante au centre. On laisse refroidir avant de servir.

Et pour les amateurs, il existe aussi une variante avec des pruneaux, que l’on appelle parfois la tarte à l’prone.