«Une télévision qui n’échoue pas est une télévision qui n'innove pas» : Maxime Guény fait le point sur les échecs à la TV pendant les fêtes
Au micro de "Culture médias", le journaliste Maxime Guény a dressé le bilan des programmes diffusés en fin d’année, revenant notamment sur l’échec de "Pandore". L’occasion pour lui de rappeler que l’innovation télévisuelle passe aussi par des tentatives imparfaites, parfois vouées à l’échec.
Finir l'année sur une mauvaise note. Invité de l’émission Culture Médias, le journaliste et animateur Maxime Guény est revenu sur les performances contrastées de la télévision pendant la période des fêtes de fin d’année. "Une télévision qui n’échoue pas est une télévision qui n'innove pas", a-t-il lâché.
Parmi les programmes évoqués, l’émission Pandore, présentée par Olivier Minne, figure comme l’une des principales déceptions de la saison, d'ailleurs déprogrammée. Selon Maxime Guény, plusieurs facteurs expliquent ce revers. "Ça n’a pas pris, d’autant qu’il y a eu une accélération de la diffusion des épisodes sur les semaines qui sont arrivées", a-t-il expliqué d’emblée, soulignant une programmation peut-être trop brutale.
Des bons programmes aux mauvais moments
Mais le problème principal résidait, selon lui, dans la complexité du concept. "Les règles étaient beaucoup trop compliquées", a-t-il affirmé. À cela s’ajoute une ambiance jugée peu adaptée à la période. "Il y a un côté un peu anxiogène, un peu sombre. Dans une période de fête, de féerie, est-ce qu’on a besoin de ça ?", s’est interrogé le journaliste. Un décalage entre le ton du programme et l’attente du public familial des fêtes, qui a pu freiner son adoption.
Pour autant, Maxime Guény refuse de condamner le concept. Sur le papier, Pandore avait de nombreux atouts. "Ça donnait tellement envie", a-t-il reconnu, saluant notamment l’investissement demandé aux candidats et l’incarnation du programme. "L’incarnant est très bon, parce que c’est Olivier Minne", a-t-il insisté, rappelant que l’animateur reste une valeur sûre, avec une longue carrière dans les chaînes du service public.
L’échec de Pandore s’inscrit d’ailleurs dans une tendance plus large. D’autres formats comme L’Anneau ou Bataille navale n’ont pas non plus rencontré le succès espéré. Des émissions inédites, non éprouvées, souvent produites par des sociétés encore jeunes. "Ce n’était pas des formats qui avaient été testés auparavant, ni forcément produits par des spécialistes reconnus du jeu", a tenu a souligné Philippe Bailly, président et co-fondateur de NPA Conseil, invité dans l'émission Culture médias.
Pour le journaliste, il ne faut pas s’étonner de ces résultats. Les grands succès sont rares. "On dit souvent qu’on trouve un hit format tous les 8 à 10 ans", rappelle-t-il, citant The Voice, Mask Singer ou plus récemment Les Traîtres. Des valeurs sûres comme Koh-Lanta, de retour début janvier aux Philippines, continuent de fonctionner grâce à une mécanique éprouvée et une attente claire du public.
Enfin, Maxime Guény souligne l’importance du timing. "Est-ce qu’on a besoin d’un jeu d’aventure à ce moment-là, alors que 'Pékin Express' vient de se terminer ?", s'est-il questionné.