"Un feu qui continue de brûler" : les hôpitaux portugais débordés par la troisième vague

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hopital lisbonne portugal coronavirus covid 1:35
Les hôpitaux de Lisbonne sont saturés par les patients souffrant du Covid-19. © AFP
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Le Portugal, qui a passé samedi la barre des 900 patients souffrant du Covid-19 en soins intensifs, a appelé l'Europe à l'aide. Une vingtaine de soignants de l'armée allemande sont arrivés en renfort pour prêter main forte à des hôpitaux complètement saturés. 
REPORTAGE

La troisième vague de l'épidémie de Covid-19 continue de frapper très durement le Portugal. Reconfiné, le pays a passé samedi la barre des 900 malades en soins intensifs, un record. Face à cette situation difficilement contrôlable, l'Etat du sud a appelé l'Europe à l'aide et une vingtaine de soignants allemands sont arrivés pour prêter main forte à des hôpitaux déjà saturés. Europe 1 a pu se rendre dans l'un d'entre eux, à Lisbonne. 

"Nous arrivons à un point de rupture"

"On a vu des patients plus jeunes qu'avant, qui meurent sans voir leur famille", soupire Rita, médecin en tenue de cosmonaute dont les traces de masque semblent imprimées sur la peau. "C'est comme un feu qu'on essaie d'éteindre et qui continue de brûler, brûler, brûler", s'alarme-t-elle après 12 heures de garde. 

Derrière une porte étanche, une vingtaine de patients Covid-19 sont inertes, et entre les lits, un ballet d'infirmières défile. "Nous n'avons pas assez de docteurs, d'infirmières, pas assez de personnel", témoigne l'une d'entre elles. "Ce problème existait avant. Nous arrivons à un point de rupture."

Débordé, le système hospitalier a donc été renforcé par 26 soignants de l'armée allemande, arrivés cette semaine et qui permettront d'ouvrir une nouvelle unité de soins intensifs. "C'est une première pour des militaires depuis le début de l'épidémie. Normalement, nous sommes entraînés pour gérer des crises", explique le colonel en charge de ces renforts. "J'étais encore en Afghanistan il y a quelques mois… Ici, l'ennemi est invisible, mais extrêmement dangereux." 

Europe 1
Par Romane Hocquet, à Lisbonne, édité par Margaux Lannuzel