Tchèques et Slovaques marquent le 50e anniversaire de l'écrasement du "Printemps de Prague"

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 Sous le mot d'ordre "Nous n'oublions pas", environ 300 personnes ont manifesté lundi devant l'ambassade de Russie.
Sous le mot d'ordre "Nous n'oublions pas", environ 300 personnes ont manifesté lundi devant l'ambassade de Russie. © AFP
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Mardi, les Tchèques et les Slovaques marquent le 50e anniversaire de l'écrasement par les chars soviétiques du "Printemps de Prague" de 1968. 

Les Tchèques et les Slovaques marquent mardi le 50e anniversaire de l'écrasement par les chars soviétiques du "Printemps de Prague" de 1968 et certains d'entre eux affirment relever quelques ressemblances entre cet événement et la situation d'aujourd'hui.

400 morts. Précurseur de la "perestroïka" gorbatchevienne, le "Printemps de Prague" incarné par Alexander Dubcek a notamment apporté une réforme politique et économique, la levée de la censure et une libéralisation des activités culturelles. Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, une trentaine de divisions soviétiques, soutenues par des unités bulgares, hongroises, polonaises et est-allemandes, ont mis brutalement fin à ce rêve aussi beau qu'éphémère. Rien qu'au cours de sa première journée, une cinquantaine de Tchèques et de Slovaques ont été tués. Le bilan total de la présence de l'armée soviétique en Tchécoslovaquie a dépassé 400 morts. 

Manifestation pour "ne pas oublier". "L'occupation a été catégoriquement rejetée par nos citoyens. Pourtant, une partie de l'opinion publique en Russie continue à la considérer comme une 'aide internationaliste'", a dit Tomasz Peszynski, de la branche tchèque de l'initiative citoyenne pro-Europe "Pulse of Europe". Cette ONG figure parmi les organisateurs d'une manifestation qui a réuni sous les drapeaux tchèques, ukrainiens et ceux de l'UE et de l'Otan plusieurs centaines de personnes, lundi soir, devant l'ambassade de Russie à Prague. "Nous n'oublierons jamais!" ou "Halte à l'impérialisme russe!", pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants.

"Nous avons rédigé une lettre destinée aux citoyens russes dans laquelle nous les invitons à se lever contre le régime actuel qui continue à mener une politique impériale tout comme à l'époque de l'ex-URSS", a poursuivi Tomasz Peszynski. "Une intervention comme celle d'il y a cinquante ans a lieu aujourd'hui aussi, cette fois-ci non à l'aide des chars mais de la propagande, des 'fake news' et d'une influence exercée sur les élections", a-t-il affirmé, avant d'énumérer "un président pro-russe, la victoire électorale des populistes, un gouvernement soutenu par les communistes".

Pas de discours du dirigeant tchèque. De nombreuses cérémonies, concerts et rassemblements sont prévus mardi à travers la République tchèque. Tout au long de la journée de mardi, la télévision publique Ceska Televize (CT) diffusera des émissions spéciales, suivies, dans la soirée, par un discours du président slovaque, Andrej Kiska. En revanche, le chef de l'Etat tchèque Milos Zeman, à qui ses détracteurs reprochent souvent une politique pro-russe, a décidé de garder le silence. 

L'absence de Milos Zeman, ex-communiste, lors des cérémonies de commémoration a été sévèrement critiquée par les partis d'opposition de droite. Selon son porte-parole Jiri Ovcacek, le président avait déjà fait "preuve de son courage en s'opposant publiquement à l'occupation en 1968".