Syrie : Russie, Iran et Turquie ont discuté d'une "stabilisation par étapes" à Idleb, selon Poutine

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Poutine, Rohani et Erdogan (de g. à dr.) ont participé à un sommet tripartite à Téhéran.
Poutine, Rohani et Erdogan (de g. à dr.) ont participé à un sommet tripartite à Téhéran. © AFP
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Les dirigeants des trois pays se sont rencontrés vendredi au cours d'un sommet à Téhéran, au moment où le régime syrien se prépare à l'offensive contre la région d'Idleb. 

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi avoir discuté avec ses homologues iranien et turc d'"une stabilisation par étapes" à Idleb, dernière poche rebelle en Syrie où une offensive du régime de Bachar al-Assad semble imminente. "Nous avons discuté de mesures concrètes pour une stabilisation par étapes dans la zone de désescalade d'Idleb, qui prévoient notamment la possibilité pour ceux qui sont prêts au dialogue de passer un accord", a déclaré Vladimir Poutine à l'issue de ce sommet tripartite sur la guerre en Syrie, organisé à Téhéran avec Recep Tayip Erdogan et Hassan Rohani.

Russie, Turquie et Iran dans "un esprit de coopération". Dans un communiqué commun, Russie, Turquie et Iran ont dit vouloir agir dans "un esprit de coopération". Devenus incontournables dans le conflit, l'Iran, la Russie et la Turquie pilotent le processus d'Astana, série de discussions de paix lancée après l'intervention militaire russe de 2015, qui a totalement changé la donne dans cette guerre en remettant en selle le président Bachar Al-Assad.

Erdogan appelle à un cessez-le-feu. À l'issue de ce sommet tripartite, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à mettre en place un cessez-le-feu pour éviter un "bain de sang". "Si nous arrivons à émettre une déclaration de cessez-le-feu ici, alors ce serait l'un des résultats les plus importants de ce sommet et cela apaiserait grandement les populations civiles", a déclaré le président turc devant ses homologues iranien et russe. Une offensive sur Idleb "résulterait en une catastrophe, un massacre et un drame humanitaire", a déclaré Erdogan. "Nous ne voulons absolument pas qu'Idleb se transforme en bain de sang."

L'émissaire de l'ONU réclame des "routes d'évacuation volontaires". L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a lui plaidé devant le Conseil de sécurité pour l'ouverture de "routes d'évacuation volontaires" permettant aux civils de quitter Idleb. "Il faut des routes d'évacuation dans toutes les directions, est, nord, sud", a souligné le responsable des Nations unies lors d'une liaison vidéo pendant une réunion spéciale du Conseil de sécurité sur Idleb, convoquée à l'initiative des États-Unis. "L'ONU est prête" à contribuer à l'instauration de telles routes d'évacuation, a-t-il précisé. "Tous les ingrédients sont réunis pour une tempête dévastatrice", a aussi affirmé le responsable.

Au total, quelque trois millions d'habitants vivent à Idleb et dans les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l'ONU