Sommet de l'Otan : "L'UE doit définir ses intérêts sans attendre Washington", estime Beaune

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Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, était l'invité d'Europe 1 lundi matin. 2:46
Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, était l'invité d'Europe 1 lundi matin. © Europe 1.
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Les dirigeants des pays membres de l'Otan se réunissent, lundi à Bruxelles, pour un "sommet des retrouvailles" entre l'Union européenne et les Etats-Unis, dont les relations ont été malmenées pendant l'ère Trump. Invité d'Europe 1 lundi matin, Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, estime que "l'UE doit définir ses intérêts sans attendre Washington".
INTERVIEW

Rassurés par la volonté du président Joe Biden de "revitaliser" les alliances après la présidence Trump, les membres de l'Otan participent à un "sommet des retrouvailles" lundi à Bruxelles. Pour les Européens, l'un des enjeux sera de se positionner face aux Américains : se ranger derrière eux - comme avant l'ère Trump - ou affirmer leur autonomie. Pour Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, invité d'Europe 1 lundi matin, "l'Union européenne doit définir ses intérêts sans attendre Washington".

Malmenées pendant l'ère Trump, les relations UE-USA reprennent cependant du poil de la bête. "Il y a un moment transatlantique meilleur que sous Trump, notamment sur les questions climatiques et de fiscalité internationale", explique le secrétaire d'Etat, qui ajoute : "Mais nous n'avons pas attendu les Américains pour aborder ces sujets, au contraire. Ils se sont ralliés sur les sujets de taxation, d'ambitions climatiques et sur le retour de la coopération multilatérale. Pendant quatre ans, les Européens ont tenu la maison mondiale."

"L'Otan n'a pas conçue comme une alliance contre la Chine"

Comme le président Macron, qui souhaite que l'UE discute désormais d'égale à égal avec les Etats-Unis, Clément Beaune prône une "autonomie européenne". Parmi les points d'achoppement se trouve la Chine, que les Etats-Unis voudraient voir identifiée comme le nouvel ennemi commun. "Il faut être clair : nous sommes plus proches, en terme d'histoire et d'intérêts commerciaux, des Etats-Unis que de la Chine. Mais il y a des sujets sur lesquels nous collaborons, comme le climat", souligne-t-il. 

Lors d'une conférence de presse dimanche, Emmanuel Macron a estimé que "l’Otan, aujourd’hui, est dans une situation qui nécessite une très grande clarification stratégique". Clément Beaune précise : "L'Otan n'a pas été conçue comme une alliance contre la Chine. L'Otan, c'est notre sécurité collective entre Américains et Européens." Il conclut : "Cela étant dit, nous avons des intérêts commerciaux communs, que nous défendrons ensemble."

Europe 1
Par Laetitia Drevet