La réaction ne s’est pas fait attendre. Au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron, qui a officialisé, devant l’ONU, la reconnaissance par la France de l’État palestinien, l’Organisation Juive Européenne (OJE) exprime sa profonde inquiétude. Invitée d’Europe 1 ce mardi 23 septembre, sa présidente Muriel Ouaknine-Melki a dénoncé "une faute morale, une faute politique, une faute géopolitique", reprochant au chef de l’État d’avoir cédé sans conditions.
"Concrètement, nous redoutons une explosion encore plus conséquente des actes antisémites sur le sol national", a-t-elle averti. L’OJE dit avoir alerté à plusieurs reprises Emmanuel Macron et son gouvernement, notamment cet été, marqué par une recrudescence de violences antisémites qualifiée "d’été de cristal" par l’organisation.
La reconnaissance d’un État palestinien aurait dû être conditionnée à deux exigences
Pour Muriel Ouaknine-Melki, la reconnaissance d’un État palestinien aurait dû être conditionnée à deux exigences : la libération des otages encore détenus par le Hamas et la démilitarisation du mouvement islamiste. Or, ces points, que le président avait lui-même présentés comme indispensables en juin dernier, ont disparu du discours de New York. Ils ne sont désormais évoqués qu’en préalable à l’ouverture éventuelle d’une ambassade française en Palestine, et non plus comme conditions de la reconnaissance étatique.
Cette évolution, juge l’OJE, constitue un reniement et un signal dangereux. "Nous considérons qu’il s’agit avant tout d’une faute morale", a insisté sa présidente. L’organisation craint que cette décision, perçue comme un désaveu, ne favorise une vague d’antisémitisme accrue en France.