L'UE prête à "aider" Theresa May, mais pas à renégocier l'accord de Brexit

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Theresa May n'aura qu'une très courte marge de manoeuvre pour arracher de nouvelles concessions sur le Brexit pour convaincre sa majorité.
Theresa May n'aura qu'une très courte marge de manoeuvre pour arracher de nouvelles concessions sur le Brexit pour convaincre sa majorité. © HO
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Après la victoire de Theresa May au vote de défiance à son encontre mercredi, les Européens ont déclaré qu'il étaient prêts à "l'aider" mais pas à renégocier l'accord sur le Brexit conclu en novembre après 17 mois de pourparlers.

Tout juste rescapée d'un vote de défiance, Theresa May va tenter d'obtenir jeudi à Bruxelles de nouvelles garanties sur l'accord de Brexit, face à des Européens prêts à "l'aider" à convaincre son parlement mais excluant de renégocier les termes du divorce.

Des Européens prêts à aider Theresa May. La Première ministre britannique s'exprimera dans l'après-midi devant ses homologues des pays de l'Union, réunis pour un sommet de deux jours. Les 27 se concerteront ensuite sans elle, dans la soirée, pour évaluer "ce qu'ils peuvent lui offrir", a expliqué un responsable européen.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a assuré que les dirigeants des pays de l'UE voulaient "aider" Theresa May, mais sans bien savoir comment. "La marge est extrêmement étroite, ce sera un exercice de communication", a confié mercredi un haut diplomate d'un État membre.

Un camouflet pour May. La dirigeante conservatrice a survécu mercredi à un vote de défiance organisé par son parti, hostile à l'accord de divorce qu'elle a négocié avec l'UE. Mais la courte majorité qui a permis cette victoire constitue un camouflet et laisse présager des difficultés persistantes avec son parlement.

Le "backstop" des Irlandes pose problème. Les "Brexiters" conservateurs, comme leurs alliés nord-irlandais du petit parti unioniste DUP, contestent en particulier la solution dite de "backstop", retenue dans l'accord de divorce pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. Ce "filet de sécurité" prévoit de créer un "territoire douanier unique" englobant l'UE et le Royaume-Uni après la transition post-Brexit.

Il ne s'appliquerait que si les négociations à venir sur les futures relations commerciales entre Londres et les 27 ne permettaient pas de garantir l'absence de frontière "dure" entre les deux Irlandes. Mais les "Brexiters" craignent un arrimage permanent du Royaume-Uni à l'UE. C'est pour les rassurer que Theresa May espère obtenir une garantie que ce "backstop" ne pourra être que temporaire.

Pas de renégociation possible. Les Européens ne pourront pas concéder davantage à Theresa May qu'un petit texte de "clarification", qui "ne sera pas juridiquement contraignant", a prévenu de son côté un responsable européen. Car les dirigeants européens, à Bruxelles comme dans les États membres, l'ont répété sur tous les tons : il n'est pas question de renégocier l'accord de divorce qui a nécessité 17 mois de tractations pour organiser le départ britannique, programmé le 29 mars 2019.

Le solde de tout compte et les droits des citoyens également réglés. Outre la question irlandaise, l'accord de Brexit règle notamment la question du solde de tout compte que devra verser le Royaume-Uni à l'Union européenne pour honorer ses engagements. Il prévoit aussi quels seront les droits des citoyens européens au Royaume-Uni, et des Britanniques dans l'UE, après le Brexit.