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Libération de Boualem Sansal : la fin d'une longue année de calvaire pour l'écrivain franco-algérien

Boualem Sansal
Boualem Sansal a été libéré ce mercredi 12 novembre, après une année passée dans les geôles algériennes. De son arrestation en novembre 2024 à la sortie de l'aéroport d'Alger, à sa condamnation à 5 ans de prison ferme, jusqu'à sa libération grâce à l'Allemagne, retour sur le cauchemar vécu par l'auteur.

"Comment ça va papa ?" C'est une question en somme banale, mais c'est celle que compte poser la fille de Boualem Sansal à son père quand elle le reverra. L'auteur franco-algérien, âgé de 81 ans, a été libéré ce mercredi 12 novembre par le président AbdelmajidTebboune grâce aux efforts diplomatiques de l'Allemagne.

Il a été transféré à Berlin, où il a atterri hier soir, pour être soigné à l'hôpital militaire. La fin d'un cauchemar qui aura duré un an.

Arrestation brutale à Alger

Tout commence le 16 novembre 2024. Boualem Sansal descend d'un avion en provenance de Paris quand il est secrètement arrêté à l'aéroport. Pendant plusieurs jours, c'est silence radio jusqu'à l'officialisation de son interpellation.

Une semaine plus tard, son avocat français, François Zimeray, organise la première conférence de presse de ce qui deviendra le Comité international de soutien à l'écrivain.

"Boualem Sansal est l'otage d'une relation franco-algérienne très dégradée. Il est innocent de ce dont on l'accuse. Nous ne nous accepterons jamais qu'un écrivain comme Boualem Sansal soit incarcéré", soutient-il au micro d'Europe 1, il y a près d'un an.

Malgré son cancer, Alger refuse sa libération

Ces proches restent sans nouvelles pendant des semaines, alors que son état de santé ne cesse de se dégrader. On apprend alors qu'il souffre d'un cancer de la prostate. Alger refuse tout malgré tout de libérer l'auteur. En mars 2025, la justice algérienne le condamne à 5 ans de prison ferme pour atteinte à l'unité nationale.

"Une honte", estime alors la présidente du Comité de soutien à Boualem Sansal, Noëlle Lenoir. "C'est un jugement politique, c'est un jugement qui est beaucoup trop élevé pour nous, puisque 5 ans de prison pour un homme malade atteint d'un cancer, c'est beaucoup trop", se désole-t-elle.

L'écrivain fait appel dans la foulée, mais sa condamnation reste inchangée lors d'un second procès en juillet. Aujourd'hui, le voilà libre après des mois de crise diplomatique entre Paris et Alger.