Le pape accepte la démission d'un évêque brésilien visé par une enquête

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Si le Vatican rend compte des démissions d'évêques, il n'en précise jamais les motifs.
Si le Vatican rend compte des démissions d'évêques, il n'en précise jamais les motifs. © Alberto PIZZOLI / AFP
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Mgr Vilson Dias de Oliveira est soupçonné par la justice d'avoir couvert des cas d'abus sexuels perpétrés par le prêtre brésilien Pedro Leandro Ricardo.

Le pape François a accepté la démission de l'évêque brésilien de Limeira, Mgr Vilson Dias de Oliveira, a annoncé vendredi le Saint-Siège dans un communiqué. Le prélat fait l'objet d'une enquête de la justice civile du Brésil pour soupçons de couverture d'abus sexuels et d'extorsion auprès de prêtres, selon la presse brésilienne. Les enquêteurs tentent de savoir s'il a couvert des cas d'abus sexuels perpétrés par le prêtre brésilien Pedro Leandro Ricardo, basé dans la ville d'Americana.

Le mois dernier, l'évêque avait avoué à la police avoir reçu un "don" d'une paroisse pour subvenir à ses problèmes d'argent personnels. Dans sa lettre de démission publiée sur le site du diocèse, Mgr Vilson Dias de Oliveira évoque simplement "les attaques contre notre Eglise de Limeira, contre moi et d'autres presbytères". Il dit partir "pour le bien du diocèse, afin que les travaux pastoraux puissent continuer à se développer". Le prélat a été remplacé pour l'instant par un administrateur apostolique, Mgr Orlando Brandes, qui est l'archevêque métropolitain d'Aparecida, précise le Saint-Siège.

L'Eglise dans la tourmente des scandales d'abus sexuels

Le Vatican rend toujours compte des démissions d'évêques dans ses communiqués, mais sans jamais en préciser les motifs. Confronté à une série de scandales d'abus sexuels qui ont entaché l'image de l'Eglise catholique, le pape François a organisé en février un sommet mondial d'évêques sur la question en promettant des actions concrètes. La semaine dernière, il a changé la législation interne de l'Eglise pour rendre obligatoire le signalement par des prêtres ou religieux de tout soupçon d'agression sexuelle ou de harcèlement.

Le "motu proprio", lettre émise directement par le pape, oblige également à signaler toute tentative par la hiérarchie catholique de couvrir des abus sexuels perpétrés par un prêtre ou un religieux. Elle somme, en outre, tous les diocèses du monde de mettre en place, dans un délai d'un an, un système permettant au public de signaler des cas d'agressions. Des rapports sur des abus commis à grande échelle par le clergé ont notamment été dévoilés l'an dernier au Chili, aux Etats-Unis et en Allemagne.