La Chine lance son "crédit social", des notes pour évaluer ses citoyens

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Pour mieux contrôler ses citoyens, l'Empire du Milieu entend leur attribuer une note en fonction de leurs actions passées. Une mauvaise "note sociale" pourrait les empêcher de prendre l'avion ou le train.

C'était la trame d'un épisode de la série britannique Black Mirror, fiction qui imagine le pire de la technologie dans le futur. Mais en Chine, la fiction est devenue réalité. Depuis plusieurs années déjà, le Parti communiste chinois teste un système de note sociale, pour distinguer les bons citoyens des mauvais. À partir du 1er mai, il sera utilisé pour la première fois dans les trains et les avions. Le système, baptisé "crédit social", doit être généralisé en 2020.

Comment fonctionne ce système ? Vous avez fumé dans un train ? Oublié de payer une amende ? Traversé la rue au feu rouge ? Si vous êtes un citoyen chinois, vous aurez une mauvaise note. À l'inverse, vous êtes diplômé, vous postez sur Internet des articles positifs sur l'économie chinoise, vous possédez une belle voiture : vous améliorez votre score.

Aux Etats-Unis, les banques utilisent déjà ce système de notation pour accorder ou refuser un prêt. En Chine, le concept est poussé encore plus loin. D'ici un mois et demi, une mauvaise note attribué à un citoyen chinois l'empêchera d'acheter un billet de train ou d'avion. À terme, il pourrait même être difficile d'obtenir un visa ou de s'inscrire sur un site de rencontres. Le crédit social au service du contrôle social. Une sorte de Big Brother moderne.

Qui attribue les notes et sur quels critères ? Mystère. Tout est affaire d’algorithmes, et notamment celui qu'utilise déjà le site de vente en ligne chinois Alibaba (400 millions d'utilisateurs). Au fur et à mesure de vos achats, le site vous attribue une note entre 350 et 950. Ce sont les données collectées par Alibaba que le gouvernement veut fusionner avec ses propres fichiers, pour faire un tri entre les bons et les mauvais citoyens.

Europe 1
Par Gwendoline Debono, édité par A.H.