Japon : la justice refuse à des survivants de Nagasaki un statut officiel de victimes

, modifié à
  • A
  • A
nagasaki 1280
Le 9 août 1945, une bombe nucléaire, larguée par l'armée américaine, a détruit la ville japonaise de Nagasaki, tuant sur le coup 70.000 à 80.000 personnes. © AFP
Partagez sur :

Ce statut leur a été refusé lundi car lors de l'explosion de la bombe, ils vivaient en dehors de la zone reconnue par le gouvernement. 

Ils ont survécu à la bombe atomique de Nagasaki en 1945, mais ils ne se trouvaient pas dans le périmètre défini par les autorités pour obtenir le statut de victimes officielles : c'est du moins ce qu'a décidé lundi la Cour suprême du Japon.

Des soins remboursés différemment. La Cour a rejeté la demande de 387 survivants qui se trouvaient à moins de 12 kilomètres de l'épicentre, mais en dehors de la zone reconnue par le gouvernement, selon la chaîne publique NHK et un porte-parole de la juridiction. Les survivants dans leur cas de figure peuvent uniquement recevoir des soins gratuits pour des troubles mentaux liés à la bombe et leurs complications, selon un responsable de la préfecture de Nagasaki, sur l'île de Kyushu. Au total, 6.278 personnes sont encore comprises dans cette catégorie, mais elles doivent vivre à Nagasaki pour recevoir ces traitements gratuits, a précisé le porte-parole. 

"Je suis déçue". "Je suis déçue", a déclaré à la NHK Chiyoko Iwanaga, une survivante de 81 ans à l'initiative du combat en justice pour l'extension de cette reconnaissance officielle. "Je ne sais pas comment expliquer (la décision de la Cour suprême, ndlr) à ceux qui ont du mal à payer leurs frais médicaux et à ceux qui sont hospitalisés", a-t-elle ajouté.

 

Un statut basée sur un périmètre. Le gouvernement japonais accorde le statut de victime officielle de la bombe atomique aux personnes qui se trouvaient dans un périmètre ovale de 12 kilomètres de long, mais de seulement 7 kilomètres de large. Les survivants officiellement reconnus comme victimes de la bombe "peuvent recevoir des soins pour presque tous les types de maladies, peu importe où ils vivent", a précisé le porte-parole de la juridiction.