États-Unis : un syndicat accuse Elon Musk de menacer les salariés de Tesla

, modifié à
  • A
  • A
ELon Musk crédit : ALBERTO E. RODRIGUEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP - 1280
Le syndicat accuse Elon Musk de mettre la pression à ses salariés de Tesla pour qu'ils ne se syndiquent pas © ALBERTO E. RODRIGUEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Partagez sur :

Le syndicat américain UAW va déposer plainte contre Elon Musk qu'il accuse de menacer ses salariés de leur retirer leurs stock-options s'ils se syndiquent.

Le puissant syndicat automobile américain UAW a annoncé jeudi avoir saisi les autorités pour dénoncer un tweet d'Elon Musk, l'emblématique patron fondateur de Tesla, qui menacerait les avantages des employés du constructeur de véhicules électriques.

Des stock-options contre une cotisation syndicale ? "Rien n'empêche les équipes de Tesla de notre usine de production de véhicules de voter en faveur de l'implantation d'un syndicat. Pourraient le faire demain si elles le voulaient. Mais pourquoi verser une cotisation à un syndicat et renoncer à des stock-options pour rien. Notre historique en termes de sécurité est deux fois meilleur que quand l'UAW est implanté dans une usine et (en plus) tout le monde a déjà une assurance santé", a écrit dimanche, sur son compte Twitter, Elon Musk. Le dirigeant répondait à une question d'un internaute sur les syndicats, notamment l'UAW (United Auto Workers) qui essaie de s'implanter dans l'usine Tesla de Fremont en Californie depuis plusieurs mois.

Une menace à peine voilée pour le syndicat. Pour Dennis Williams, le président de l'UAW, le tweet d'Elon Musk s'apparente à des menaces à peine voilées envers les salariés qui seraient tentés de se syndiquer. En gros, il "menace de reprendre les stock-options qui leur ont été attribués s'ils s'engagent dans une activité syndicale". Par conséquent, l'UAW a décidé de déposer une plainte devant le National Labor Relations Board (NLRB), une agence publique censée s'assurer que le droit du travail est bien appliqué.

Une mise en avant d'un système de rémunération, selon Tesla. Contacté par l'AFP, un porte-parole de Tesla a indiqué que le tweet met en avant le fait que les membres de l'UAW doivent verser une cotisation au syndicat. "Le tweet d'Elon est simplement une reconnaissance du fait que contrairement à Tesla aucun autre constructeur automobile où est implanté l'UAW n'attribue des stocks-options aux salariés des unités de production et les responsables de l'UAW ont toujours refusé d'admettre cette valeur de notre programme de rémunération", a déclaré le porte-parole.

Elon Musk opposé à l'arrivée du syndicat dans son usine. L'UAW et Elon Musk sont à couteaux tirés depuis plusieurs mois, en raison des tentatives du syndicat d'ouvrir une section syndicale dans son usine face à l'accélération des cadences de travail pour produire le nouveau "Model 3". UAW accuse également Tesla d'avoir limogé des salariés pour leurs sympathies syndicales et avait saisi en octobre dernier le NLRB. Tesla conteste ces accusations.

 

Une plateforme de notation des journalistes ? Elon Musk est impliqué dans une série de polémiques depuis plusieurs jours. Après s'en être pris à des analystes financiers, l'entrepreneur s'est attaqué cette semaine aux médias dont il dénonce la couverture de son groupe. Il a dans la foulée indiqué vouloir développer une plateforme de notation des journalistes baptisée "Pravda", en référence au journal du parti communiste, organe de propagande du régime sous l'ère soviétique.

"Je vais créer un site sur lequel le public pourra évaluer la véracité de n'importe quel article et établir un score de crédibilité pour chaque journaliste, éditeur ou publication", a-t-il tweeté mercredi. Elon Musk a notamment lancé un sondage sur son compte Twitter dans lequel il demande à ses abonnés de voter pour ou contre la création de ce système.

Elon Musk n'a pas particulièrement apprécié les articles de presse relatant les difficultés de production du "Model 3", le véhicule d'entrée de gamme censé faire de Tesla un producteur de masse, et interrogeant sur la capacité du groupe à honorer ses futures échéances.