États-Unis : Donald Trump nomme le "faucon" John Bolton conseiller à la sécurité nationale

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Favorable au recours à la force sur la scène internationale, John Bolton n'est pas d'accord en tous points avec Donald Trump (image d'archives).
Favorable au recours à la force sur la scène internationale, John Bolton n'est pas d'accord en tous points avec Donald Trump (image d'archives). © ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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John Bolton, ancien ambassadeur des États-Unis à l'ONU, est le troisième conseiller à la sécurité nationale depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. 

Le président américain Donald Trump a nommé jeudi le néoconservateur John Bolton, analyste de Fox News, au poste très influent de conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche.

John Bolton, nouveau conseiller à la sécurité nationale. Sa nomination intervient au moment d'aborder des négociations historiques avec la Corée du Nord et à l'approche d'une échéance cruciale sur l'avenir de l'accord sur nucléaire iranien dont cet ancien ambassadeur des États-Unis à l'ONU est un grand pourfendeur.

"Je suis heureux d'annoncer qu'à compter du 9 avril 2018, John Bolton sera mon nouveau conseiller à la sécurité nationale", a tweeté Donald Trump annonçant, avec le départ de H.R. McMaster, un nouveau changement de taille dans son équipe après une cascade de limogeages et de démissions ces derniers mois.

Partisan du recours à la force. Connu pour sa moustache, son goût de le provocation et son style parfois abrasif, John Bolton, 69 ans, fut l'un des chefs de file des "faucons" au sein de l'administration de George W. Bush et son ambassadeur aux Nation unies. Fervent partisan du recours à la force sur la scène internationale, il n'est pas en accord avec le président septuagénaire sur tous les dossiers. C'est en particulier un infatigable défenseur de la guerre en Irak que Donald Trump n'a eu de cesse de critiquer en campagne.

"J'ai mes opinions", assure-t-il. "Je ne m'attendais pas à cette annonce cet après-midi mais c'est évidemment un grand honneur", a-t-il réagi, sur Fox News, peu après sa nomination. Celui à qui l'on a parfois reproché, en particulier aux Nations unies, son manque de diplomatie, entend-il changer de style en arrivant à la Maison-Blanche ?  "J'ai mes opinions et j'aurai l'occasion de les présenter au président", a-t-il répondu, défendant la nécessité pour le locataire de la Maison-Blanche d'avoir "un libre échange d'idées" avec ses différents conseillers.

H.R. McMaster écarté. Saluant "le travail extraordinaire" de H.R. McMaster, Donald Trump a assuré qu'il resterait toujours son "ami". Depuis plusieurs semaines, H.R. McMaster, général trois étoiles, avait vu sa position affaiblie par le manque de soutien évident du président américain et les rumeurs sur son possible renvoi.

La nomination de John Bolton, troisième à occuper ce poste depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, a suscité des réactions contrastées. "Courage, Jim Mattis", a réagi Aaron David Miller, diplomate chevronné en référence au chef du Pentagone vu par nombre d'analystes comme la dernière voix de la modération au sein de l'équipe Trump, en particulier sur la Corée du Nord et l'Iran.

Fin de carrière pour H.R. McMaster. Cette annonce intervient dix jours après le limogeage brutal du secrétaire d'État Rex Tillerson, qui sera remplacé par l'actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo, lui aussi un républicain partisan d'une ligne dure sur la Corée du Nord ou l'Iran. 

H.R. McMaster, qui avait quitté le Pentagone en février 2017 pour remplacer au pied levé Michael Flynn, forcé à la démission en raison de ses contacts avec des responsables russes pendant la campagne électorale, quittera la vie publique. "Après 34 années au service de notre pays, je vais prendre ma retraite de l'armée à compter de cet été", a-t-il indiqué, dans un bref communiqué.