En tweetant avant le rapport sur l'emploi, Donald Trump enfreint le protocole

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Donald Trump a tweeté un peu trop tôt sur le chômage.
Donald Trump a tweeté un peu trop tôt sur le chômage. © NICHOLAS KAMM / AFP
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Le président américain a publié un tweet matinal incitant à penser que les chiffres du chômage étaient bons, faisant courir un risque d'emballement sur les marchés financiers.

Le président Donald Trump a enfreint le protocole en insinuant vendredi que les chiffres de l'emploi du mois de mai allaient être bons avant que ceux-ci ne soient publiés sous strict embargo. "J'ai hâte de voir les chiffres de l'emploi à 8h30 ce matin", a lancé le président américain à 7h21 dans un tweet-clin d’œil qui a pu alerter les marchés.

Risque de fuites. Le rapport sur l'emploi s'est en effet avéré très positif, avec un recul du taux de chômage à 3,8%, son plus faible niveau depuis 18 ans. Comme tous les indicateurs économiques sensibles, du PIB à l'inflation, les chiffres du chômage sont toujours publiés par le département du Travail sous un strict embargo à 8h30 exactement, auprès de journalistes accrédités retenus dans une salle sécurisée. Il s'agit notamment d'éviter fuites et délits d'initiés sur les marchés.

L'initiative de Donald Trump, même si elle n'a pas divulgué les chiffres, rompt brutalement avec la pratique et la tradition qui veulent que la Maison-Blanche ne commente les chiffres qu'une heure après leur publication et certainement pas avant. Interrogé pour savoir si ce tweet avait enfreint la loi, le département du Travail n'a pas répondu. 

Pas de remous sur les marchés. Sur CNBC, le conseiller économique de la Maison-Blanche Larry Kudlow a justifié le tweet présidentiel assurant qu'il n'y avait pas eu rupture d'embargo. Il a expliqué, qu'informé du rapport sur l'emploi la veille comme c'est la tradition, il en avait fourni la teneur au président jeudi soir. "Il est le commandant en chef. Il a choisi de tweeter. Je ne pense pas qu'il ait révélé quoi que ce soit", a déclaré Larry Kudlow sur la chaîne d'informations financières. La déclaration du président qui suggérait une bonne nouvelle n'a toutefois pas fait tressaillir les marchés, habitués désormais aux tweets présidentiels intempestifs.