1:33
  • Copié
avec AFP / Crédits photo : ABED RAHIM KHATIB / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP , modifié à
Au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas, Tsahal a annoncé avoir augmenté ses frappes à Gaza de façon "très significative" dans la soirée de vendredi. L'armée israélienne a également annoncé qu'elle "[étendrait] ses opérations terrestres" dans la soirée.

L'armée israélienne a annoncé vendredi matin que son infanterie avait mené un "raid ciblé dans le secteur central de la bande de Gaza", épaulée par "des chasseurs et des drones", visant des objectifs du Hamas. 

Les soldats ont ensuite quitté le territoire palestinien sans déplorer de blessé, a affirmé l'armée dans un communiqué. Outre cette incursion, l'armée a indiqué avoir bombardé des sites du Hamas "dans toute la bande de Gaza". Depuis les attaques du 7 octobre menées par le Hamas sur son territoire, l'armée israélienne pilonne sans relâche le territoire palestinien, où elle mène régulièrement des incursions dans l'attente d'une probable offensive terrestre promise à de multiples reprises par les responsables politiques et militaires. 

Les principales informations : 

  • L'armée israélienne a annoncé vendredi soir avoir augmenté ses frappes à Gaza d'une "manière très significative"
  • L'armée israélienne va "étendre ses opérations terrestres" à Gaza, au cours de la soirée
  • Les dirigeants de l'Union européenne avaient demandé "des pauses" dans le conflit qui oppose Israël au Hamas palestinien afin de faciliter l'accès à l'aide humanitaire pour les civils à Gaza.
  • La bande de Gaza a un besoin urgent d'aide "significative et continue", a prévenu vendredi le patron de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).
  • Emmanuel Macron avait lui aussi appelé à une "trêve humanitaire".

Le Hamas salue la résolution de l'Assemblée générale sur une trêve humanitaire

Le Hamas palestinien a salué vendredi la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU réclamant une "trêve humanitaire" dans la bande de Gaza bombardée depuis le 7 octobre par Israël qui a qualifié d'"infamie" ce vote.

"Nous saluons la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU appelant à une trêve humanitaire immédiate et nous réclamons sa mise en oeuvre immédiate afin de permettre de fournir carburant et aide humanitaire aux civils", a réagi dans un communiqué le Hamas au pouvoir à Gaza.

Israël qualifie d'"infamie" la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU

"Honte à vous!", a lancé vendredi l'ambassadeur israélien à l'ONU, qualifiant d'"infamie" le vote par l'Assemblée générale d'une résolution réclamant une "trêve humanitaire", mais sans mentionner le Hamas, au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.

"C'est un jour sombre pour l'ONU et pour l'humanité", a fustigé Gilad Erdan, assurant qu'Israël continuerait à utiliser "tous les moyens" à sa disposition pour "débarrasser le monde du mal que représente le Hamas" et "ramener les otages chez eux".

Israël-Hamas: l'Assemblée générale de l'ONU demande une "trêve humanitaire immédiate"

L'Assemblée générale de l'ONU a réclamé vendredi à une large majorité une "trêve humanitaire immédiate", au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas, au moment où l'armée israélienne a annoncé "étendre" ses opérations terrestres dans la bande de Gaza.

La résolution non contraignante, fustigée par Israël et les Etats-Unis qui ont dénoncé l'absence de mention du Hamas, a recueilli sous les applaudissements 120 votes pour, 14 contre, et 45 abstentions, sur les 193 membres de l'ONU.

Le Hamas fait état de "violents combats" avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza

Le Hamas a fait état de "violents combats" vendredi soir entre ses combattants et les forces israéliennes qui, selon le Hamas, ont effectué des incursions au sol dans deux secteurs de la bande de Gaza.

"Nous faisons face à des incursions israéliennes au sol à Beit Hanoun (nord) et al Boureij (centre). De violents combats sont en cours", a indiqué la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam dans un communiqué.

Le Hamas est "prêt" si Israël déclenche une offensive terrestre

Un haut responsable du Hamas a affirmé que son mouvement était "prêt" pour faire face à une éventuelle offensive terrestre israélienne contre la bande de Gaza, après que l'armée israélienne a annoncé y "étendre" ses opérations terrestres vendredi soir.

"Si Netanyahu (le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, NDLR) décide d'entrer à Gaza ce soir, la résistance est prête", a déclaré sur Telegram Ezzat al-Risheq, ajoutant que "la terre de Gaza engloutira les lambeaux des soldats" israéliens.

Le Hamas appelle le monde à "agir immédiatement" pour faire cesser les frappes d'Israël

Le Hamas palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza a appelé le monde à "agir immédiatement" pour faire cesser les bombardements israéliens qui se sont considérablement intensifiés vendredi soir contre le territoire palestinien.

"Nous demandons aux pays arabes et musulmans et à la communauté internationale d'assumer leurs responsabilités et d'agir immédiatement pour faire cesser les crimes et les massacres contre notre peuple", a affirmé le Hamasdans un communiqué.

L'armée israélienne va "étendre ses opérations terrestres ce soir" à Gaza

L'armée israélienne va "étendre ses opérations terrestres" vendredi soir dans la bande de Gaza, a déclaré son porte-parole Daniel Hagari, au moment où le territoire palestinien est soumis à d'intenses bombardements israéliens. C'est la suite de "la série de frappes des derniers jours", a-t-il dit.

Le Hamas annonce avoir tiré "des salves de roquettes" sur Israël

La branche militaire du Hamas palestinien a annoncé avoir tiré vendredi soir "des salves de roquettes" en direction d'Israël, en riposte à d'intenses bombardements israéliens dans le nord de la bande de Gaza. "Salves de roquettes en direction des terres occupées (Israël, NDLR) en réponse aux massacres contre les civils" palestiniens, ont indiqué les Brigades Ezzedine al-Qassam sur la messagerie Telegram.

Le nord de la bande de Gaza visé par d'intenses bombardements, affirme Tsahal

L'armée israélienne dit mener depuis vendredi soir d'intenses bombardements sur le nord de la bande de Gaza, notamment à Gaza-ville. Des informations confirmées par notre reporter sur place ainsi que plusieurs médias israéliens. 

Parallèlement, les communications et l'internet ont été coupés dans la bande de Gaza, selon le gouvernement du Hamas. Les bombardements "par air, mer et terre" sont "les plus violents depuis le début de la guerre" le 7 octobre, a indiqué le service de presse du gouvernement du Hamas au pouvoir à Gaza, accusant Israël de "préparer des massacres".

Gaza va subir une "avalanche sans précédent de souffrances", alerte le chef de l'ONU

"Sans un changement fondamental, la population de Gaza va subir une avalanche sans précédent de souffrance humaine", a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

"Tout le monde doit prendre ses responsabilités. C'est un moment de vérité, l'Histoire nous jugera", a lancé Antonio Guterres dans une déclaration lue par son porte-parole, soulignant que "le système humanitaire à Gaza fait face à un effondrement total, avec des conséquences ininmaginables pour plus de 2 millions de civils".

Le Hamas dément utiliser les hôpitaux dans la guerre

Le Hamas palestinien au pouvoir à Gaza à démenti vendredi se servir des hôpitaux dans sa guerre avec Israël comme l'en a accusé l'armée israélienne.

"Les allégations du porte-parole de l'armée de l'ennemi sont dénuées de tout fondement", a affirmé dans un communiqué un dirigeant du Hamas, Ezzat al-Risheq, démentant notamment que des "chefs du Hamas se trouvent dans le sous-sol de l'hôpital al-Shifa", le plus grand de la bande de Gaza.

L'armée israélienne accuse le Hamas de "mener la guerre depuis les hôpitaux" de Gaza

L'armée israélienne a accusé vendredi le Hamas de "mener la guerre depuis les hôpitaux" de la bande de Gaza.

"Il y a du carburant dans les hôpitaux et le Hamas l'utilise pour son infrastructure terroriste", a encore accusé le porte-parole de l'armée, Daniel Hagari. "Les terroristes se déplacent librement" dans les hôpitaux du territoire palestinien, a-t-il ajouté, répétant l'accusation israélienne selon laquelle le Hamas utilise la population de Gaza comme "bouclier humain".

Une première équipe médicale de la Croix-Rouge à Gaza depuis le début de la guerre

Une équipe médicale de la Croix-Rouge est entrée dans la bande de Gaza pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, a annoncé vendredi une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Accompagnant un convoi humanitaire de plusieurs camions d'aide, cette équipe comprend plusieurs médecins spécialisés dans les blessures de guerre, selon le CICR.

Emmanuel Macron demande une "trêve humanitaire"

Le président français Emmanuel Macron a appelé vendredi à une "trêve humanitaire"  pour "organiser la protection" des populations civiles dans la bande de Gaza, estimant que la riposte israélienne devait "mieux cibler" les "terroristes".

"Beaucoup plus de gens vont bientôt mourir"

La bande de Gaza a un besoin urgent d'aide "significative et continue", a prévenu vendredi le patron de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Selon lui, "beaucoup plus (de gens) vont bientôt mourir" en raison du siège imposé par Israël. 

"Au moment où nous parlons, des gens à Gaza meurent, ils ne meurent pas seulement à cause des bombes et des frappes, beaucoup plus vont bientôt mourir des conséquences du siège imposé" au petit territoire depuis le 7 octobre, a déclaré Philippe Lazzarini lors d'un point de presse à Jérusalem. 

"Les services de base s'effondrent, les réserves de médicaments, de nourriture et d'eau s'épuisent, les égouts commencent à déborder dans les rues de Gaza", a décrit le responsable humanitaire. 

Les convois d'aide entrés dans le territoire palestinien depuis le 21 octobre, sont largement insuffisants pour répondre aux besoins de la population, a dit le responsable. "Le système actuel est voué à l'échec. Ce dont nous avons besoin c'est d'une aide significative et continue, nous avons besoin d'un cessez-le feu humanitaire pour que cette aide puisse atteindre ceux qui en ont besoin", a-t-il réclamé.

Six blessés dans une ville frontière égyptienne

Six personnes ont été blessées quand un drone s'est abattu dans la nuit de jeudi à vendredi sur Taba, ville égyptienne frontalière d'Israël, a indiqué l'armée égyptienne.

Faciliter l'accès à l'aide

Les dirigeants de l'Union européenne ont demandé "des pauses" dans le conflit qui oppose Israël au Hamas palestinien afin de faciliter l'accès à l'aide humanitaire pour les civils à Gaza, assiégé et où "personne n'est en sécurité", affirme l'ONU. 

En six jours, 74 camions d'aide sont parvenus, depuis l'Egypte voisine, dans le territoire palestinien de 362 km2, soumis à "un siège complet" qui prive ses 2,4 millions d'habitants d'eau, de nourriture et d'électricité, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) jeudi soir. Soit bien moins que les 500 camions journaliers qui parvenaient, avant le conflit, à Gaza, déjà soumis à un blocus israélien depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas en 2007.

"Les partenaires humanitaires ne peuvent accéder en toute sécurité aux populations dans le besoin et aux entrepôts où est stockée l'aide", a ajouté l'OCHA.

"Couloirs humanitaires"

Face à cette situation, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'UE ont exprimé jeudi soir leur "plus vive inquiétude concernant la dégradation de la situation humanitaire à Gaza", dans une déclaration commune qui réclame des "couloirs humanitaires" et des "pauses" pour acheminer l'aide.

La Maison Blanche avait aussi suggéré mardi des "pauses" pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire, plutôt qu'un cessez-le-feu qui "à ce stade ne bénéficierait qu'au Hamas", classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. Les dirigeants de l'UE se sont dit par ailleurs favorables à l'organisation d'une "conférence internationale de paix", "prochainement", alors que le conflit, déclenché par l'attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien, entre dans son 21e jour.

En Israël, 1.400 personnes, selon les autorités, ont été tuées depuis le début de la guerre, dont un millier de civils morts le jour de l'attaque. Selon l'armée israélienne, 224 otages, israéliens, binationaux ou étrangers, ont été enlevés au cours de cette attaque par le Hamas, qui a relâché quatre femmes à ce jour.

Jeudi soir, les familles d'otages ont prévenu à Tel-Aviv être arrivées "au bout de leur patience" et exigé d'être reçues par le gouvernement. "Depuis vingt jours le gouvernement est muet", a déploré Eyal Sheni, le père de Roni Sheni, une soldate de 19 ans otage ou disparue.

Côté palestinien, plus de 7.000 personnes ont été tuées, en majorité des civils dont environ 3.000 enfants, selon le Hamas, dans les bombardements israéliens en représailles depuis.

Frappes américaines

Des images satellite publiées jeudi montrent l'ampleur des destructions, avec des quartiers entiers rasés par les bombardements. Selon l'OCHA, citant le ministère des Travaux publics et du Logement de Gaza, 45% des habitations de la bande de Gaza ont été "endommagées ou détruites".

Depuis le 15 octobre, l'armée israélienne appelle la population du nord de la bande de Gaza, où les bombardements sont les plus intenses, à évacuer vers le sud. Au moins 1,4 million de Palestiniens ont fui leur foyer depuis le début de la guerre, selon l'ONU. Toutefois, les frappes continuent aussi de toucher le sud, où sont massés plusieurs centaines de milliers de civils. Selon l'ONU, quelque 30.000 déplacés ont cependant regagné ces derniers jours le nord du territoire. 

"Nous retournons pour mourir dans nos maisons. Ce sera plus digne", a affirmé Abdallah Ayyad, qui après s'être réfugié dans un hôpital à Deir el-Balah, retourne à Gaza-ville, avec sa femme et leurs cinq filles, serrés dans la remorque d'un triporteur.

Pendant la nuit de mercredi à jeudi, l'armée israélienne a mené un "raid ciblé" avec des chars dans le nord de la bande de Gaza, en prélude à une offensive terrestre annoncée à plusieurs reprises et confirmée mercredi soir par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a promis "d'anéantir" le Hamas.

La communauté internationale redoute les conséquences de cette possible offensive, craignant un nombre important de victimes civiles mais aussi un embrasement dans la région. Le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a annoncé que les États-Unis avaient mené des frappes jeudi contre deux installations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens et des "groupes affiliés" dans l'est de la Syrie.

"Ces frappes de légitime défense et de précision sont une riposte à une série d'attaques en cours, et pour la plupart manquées, contre le personnel américain en Irak et en Syrie par des milices soutenues par l'Iran", depuis le 17 octobre, a indiqué dans un communiqué Llyod Austin.

"Pas épargnés"

Cette annonce est intervenue après que le président Joe Biden a adressé un message au dirigeant suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, pour le mettre en garde contre toute attaque visant les troupes américaines.

"Un message direct a été envoyé. Je n'irai pas plus loin", a confirmé un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby. Jeudi, devant les Nations unies, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a déclaré que son pays ne souhaitait pas l'extension du conflit. "Mais je préviens que si le génocide à Gaza se poursuit, ils ne seront pas épargnés par ce feu", a-t-il ajouté, s'adressant aux États-Unis.

Les échanges de tirs sont aussi quotidiens à la frontière nord d'Israël avec le Liban, entre l'armée israélienne et le Hezbollah, soutenu par l'Iran et allié du Hamas. En Egypte, la télévision AlQahera News - proche du renseignement - et des témoins ont affirmé que six personnes ont été blessées quand une roquette s'est abattue dans la nuit de jeudi à vendredi sur Taba, ville frontalière d'Israël.

"Dans le cadre de l'escalade actuelle à Gaza, une roquette s'est écrasée à Taba, faisant six blessés", rapporte la télévision AlQahera News, proche du renseignement égyptien. Des témoins ont précisé à l'AFP qu'une roquette s'était abattue sur une annexe d'un hôpital de cette ville, située sur la mer Rouge et à la pointe nord-est du Sinaï, où se trouve un poste-frontière vers Israël.

La tension est très vive aussi en Cisjordanie occupée, où plus de cent Palestiniens ont été tués dans des violences depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé. Des appels à manifester, après la prière du vendredi, ont été lancés à plusieurs villes des territoires palestiniens, dont Naplouse et Hébron.