Donald Trump qui attaque Greta Thunberg à Davos ? "C'est du Trump tout craché"

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Ugo Pascolo , modifié à
Au micro de Nathalie Levy dans le "Grand journal du soir" d'Europe 1 mardi, le philosophe et spécialiste du climat Bernard Stiegler, est revenu sur la passe d'armes entre Greta Thunberg et Donald Trump au Forum de Davos, et s'est étendu sur ses recommandations pour lutter contre le réchauffement climatique. Il prône un changement en profondeur de la macro-économie au profit de nouveaux modèles économiques. 
INTERVIEW

"C'est du Trump tout craché". Invité de la 50ème édition du Forum de Davos en Suisse, le président Américain a répondu à Greta Thunberg, qui a affirmé "notre maison est toujours train de brûler", en appelant à "rejeter les prophètes de malheur et les prédictions d'apocalypse". Une passe d'armes par médias interposés sous les yeux du monde qui n'a pas étonné le philosophe et spécialiste du climat Bernard Stiegler, qui a simplement vu dans cette réponse Trump, "faire du Trump", soit un savant mélange de provocation, de calcul politique et de convictions.

"Même Donald Trump" pense que Greta Thunberg a raison

Quand Greta Thunberg affirme que "rien n'a été fait" pour lutter contre le réchauffement climatique, Donald Trump est d'accord avec elle. "Même Donald Trump pense que c'est vrai. Il n'est pas complètement idiot, il voit bien que rien n'a été fait, à commencer par le fait qu'il s'y est opposé", analyse Bernard Stiegler. Reste que Donald Trump continue de penser qu'on en fait trop sur l'environnement. Et que ce qui l'intéresse, lui, c'est attirer des investisseurs à Davos. 

Qu'en pensent, d'ailleurs, les grands dirigeants d'entreprises ? Sont-ils plus Trump ou Greta Thunberg ? Pour Bernard Stiegler, les grands patrons "ne disent jamais la vérité" par peur de "faire plonger la bourse et d'induire des gestes de déconsommation". Mais au fond, ils prennent petit à petit conscience de l'urgence climatique, d'où le thème de ce 50ème Forum, et la présence de Greta Thunberg. 

Changer l'économie pour sauver la planète

"Il y a beaucoup de gens inquiets dans tous les domaines", assure Bernard Stiegler, pour qui il "ne suffit pas de vouloir". Le philosophe prône désormais une lutte qui passe par un changement en profondeur de l'économie globale tout en "impliquant les habitants, les entreprises et les territoires". Ce travail passerait par la mise au point d'une "méthodologie et d'une analyse qui n'existent pas aujourd'hui", mais qui aboutiraient à la création de nouveaux modèles économiques. Une tache à laquelle l'expert s'emploie déjà avec le collectif interNations, qui a proposé à l'ONU de "mettre sur pied des laboratoires de recherche dans ce but".

"C'est la macro-économie qu'il faut repenser, et c'est une question de compatibilité bancaire", lâche l'auteur de "Qu’appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg". Et de conclure : "Ce travail est urgent, d'après le GIEC il ne nous reste plus que sept ans."