Crash en Ethiopie : jour de deuil à Addis et Nairobi, l'enquête se poursuit

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En s'écrasant, l'avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres de longueur.
En s'écrasant, l'avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres de longueur. © MICHAEL TEWELDE / AFP
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Lundi, au lendemain du crash d'un avion d'Ethiopan Airlines, alors que les enquêteurs poursuivent leur travail sur le terrain, l'Ethiopie a instauré un jour de deuil national. 

L'enquête se poursuivait lundi pour déterminer pourquoi le Boeing 787 flambant neuf d'Ethiopian Airlines s'est écrasé dimanche au sud d'Addis Abeba, faisant 157 morts, une tragédie marquée en Ethiopie par un jour de deuil national.

Le Kenya et l'ONU en deuil. Le Kenya était, lui, doublement endeuillé : avec 32 ressortissants à bord, c'est le pays le plus touché par la tragédie, et Nairobi est par ailleurs le hub régional des Nations unies, qui ont été durement affectées par la catastrophe. Le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), qui a son siège dans la capitale kényane, ouvre lundi matin sa conférence annuelle qui réunit des centaines de délégués venus du monde entier. Nul doute que la tragédie sera dans toutes les têtes. Selon le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Antonio Vitorino, dix-neuf employés de l'ONU ont péri dans le crash. 

A la recherche des boîtes noires. Dès dimanche après-midi, des enquêteurs de l'Agence éthiopienne de l'aviation civile ont été à pied d'oeuvre sur les lieux du crash pour récolter le maximum de débris et d'indices et trouver les boîtes noires de l'appareil, ce qui n'a pas encore été fait, selon une source au sein de la compagnie. Ces enquêteurs devraient être prochainement rejoints par une équipe technique de Boeing.

Le PDG d'Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, a confirmé que l'enquête serait menée conjointement par des enquêteurs éthiopiens et américains. L'organisme américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a annoncé l'envoi d'une équipe d'inspecteurs chargés d'apporter leur aide dans l'enquête.

Un avion en feu. Le vol ET 302 avait décollé dimanche à 8h38 (8h38 en France) d'Addis Abeba et il a disparu des radars six minutes plus tard. L'appareil, un Boeing 737-800 MAX livré courant 2018 à la compagnie, était piloté par Yared Getachew (8.000 heures de vol à son actif) et avait fait l'objet d'une maintenance le 4 février. En s'écrasant, l'avion a creusé un impressionnant cratère, labourant la terre sur des dizaines de mètres de longueur. L'avion s'est désintégré à l'impact : on ne distinguait plus la forme de l'appareil mais seulement des morceaux de carlingue éparpillés.

Selon un témoin, Tegegn Dechasa, "l'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol", "l'avion était déjà en flammes à l'arrière juste avant le crash". "L'avion semblait vouloir tenter d'atterrir dans un champ à proximité mais il s'est écrasé avant de l'atteindre", a expliqué un autre témoin, Sisay Gemechu, un fermier.

Des victimes françaises. Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes. Le gouvernement français a fait état pour sa part de la mort de neuf Français et le parquet de Paris a ouvert une enquête. Les messages de condoléances aux victimes ont afflué toute la journée dimanche, du Premier ministre éthiopien au président kényan, de l'Union africaine au secrétaire général de l'ONU, en passant par le Premier ministre canadien et le président français Emmanuel Macron qui sera en visite officielle en Ethiopie mardi et mercredi puis au Kenya mercredi et jeudi.