Coup de filet mondial grâce au noyautage de communications du crime organisé

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La police australienne a arrêté 224 personnes dans toutes les régions du pays.
La police australienne a arrêté 224 personnes dans toutes les régions du pays. © DAVID GRAY / AFP
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Pendant trois ans, les polices de plusieurs pays d'Europe, des Etats-Unis, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, ont réussi à décoder en temps réel des milliers de communications cryptées au sein de réseaux criminels. Selon la police néo-zélandaise, il s'agit de l'opération "la plus sophistiquée au monde contre le crime organisé" menée à ce jour. 

Plus de 800 personnes ont été arrêtées à travers le monde au cours d'un gigantesque coup de filet contre le crime organisé, grâce au noyautage par la police d'une application utilisée pour échanger des messages codés entre malfaiteurs, a indiqué mardi l'agence Europol lors d'une conférence de presse. "Ces informations ont débouché au cours de la semaine dernière à des centaines d'opérations policières dans le monde, de la Nouvelle-Zélande à l'Australie en passant par l'Europe et les États-Unis, avec des résultats impressionnants", a déclaré Jean-Philippe Lecouffe, directeur adjoint des opérations à Europol. Au total, plus de 700 lieux ont été perquisitionnés, et plus de 8 tonnes de cocaïne ont été saisis. 

Cette opération a été déclenchée par les polices de plusieurs pays d'Europe, des Etats-Unis, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, qui ont réussi à décoder, en temps réel et pendant trois ans, des milliers de communications cryptées au sein de réseaux criminels en tout genre, avait indiqué plus tôt la police australienne dans un communiqué. La police néo-zélandaise a pour sa part décrit l'opération comme "la plus sophistiquée au monde contre le crime organisé qui ait été menée par les forces de l'ordre à ce jour".

Des messages concernant des projets d'assassinat

Cette interception massive de messages a été rendue possible grâce à une application baptisée "ANoM", dont se servaient des malfaiteurs du monde entier pour communiquer de façon cryptée, mais qui était en fait contrôlée par le FBI, la police fédérale américaine.

Ces messages concernaient notamment des projets d'assassinat et des trafics de drogue et d'armes, a précisé la police australienne qui a arrêté 224 personnes dans toutes les régions du pays. "Des centaines de personnes ont été arrêtées" hors d'Australie, a-t-on ajouté de même source.

La police néo-zélandaise a pour sa part annoncé l'arrestation de 35 personnes notamment pour trafic de drogue et blanchiment d'argent.

Une application populaire chez les criminels

L'application "ANoM" était installée sur des téléphones mobiles qui, privés de toute autre fonctionnalité, s'échangeaient au marché noir. Un téléphone de ce type ne pouvait communiquer qu'avec un autre téléphone contenant l'application. "Un criminel devait connaître un autre criminel pour obtenir ce matériel", a expliqué la police australienne dans un communiqué.

"Les appareils ont circulé et leur popularité a grandi parmi les criminels, qui avaient confiance dans la légitimité de l'application car de grandes figures du crime organisé se portaient garants de son intégrité", a-t-elle poursuivi.

"Ces influenceurs criminels ont mis la police fédérale australienne dans la poche revolver de centaines de délinquants présumés", s'est félicité le chef de la police australienne Reece Kershaw dans le communiqué.

"Essentiellement, ils se sont passé les menottes les uns aux autres en adoptant et en faisant confiance à ANoM et en communiquant ouvertement avec, sans savoir que nous les écoutions tout le temps", a-t-il ajouté. L'opération a reçu pour nom de code "Ironside" en Australie et "Trojan Shield" dans l'ensemble du monde.

"Plus de 100 menaces mortelles ont été déjouée"

Cette vaste opération de police internationale a permis de sauver plus d'une centaine de vies, a indiqué le FBI lors d'une conférence de presse. "Au cours des 18 derniers mois, le FBI a fourni aux organisations criminelles plus de 300 appareils cryptés dans plus de 100 pays qui nous ont permis de surveiller leurs communications", a expliqué le directeur adjoint du FBI, Calvin Shivers, aux journalistes au siège d'Europol à La Haye. "Plus de 100 menaces mortelles ont été déjouées", a-t-il ajouté.