A Alep, la difficile reconstruction après des années de guerre : "Je ne connais personne qui a choisi de rentrer"

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La vie reprend son cours à Alep, deux ans après que les forces de Bachar al-Assad l'ont reprise, mais la reconstruction reste difficile. Europe 1 s'est rendu sur place.

REPORTAGE

La moitié des bâtiments d'Alep, en Syrie, ont été endommagés et 10% détruits, selon le premier état des lieux dressé par l'Unesco cette semaine. Le centre d'Alep s'était transformé en ligne de front entre les rebelles et l'aviation syrienne, épaulée par les Russes. La reconstruction de la ville - reprise par les forces de Bachar al-Assad deux ans plus tôt, après des années de conflits -, a commencé l'été dernier mais elle sera longue et difficile. Europe 1 s'est rendu sur place.

Des reconstructions au compte-goutte. Alep a beau renouer avec les embouteillages et les vitrines colorées, tout change à l'approche des anciens quartiers rebelles. Les ruines semblent figées dans la poussière. Azzedine, l'un des rares ouvriers à retaper un appartement, a commencé seulement 20 jours plus tôt. "Ça avance au rythme des copropriétaires, en fonction de leurs moyens", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Ici, par exemple, nous sommes au troisième étage. Le propriétaire a de l'argent mais il a dû attendre que ses voisins du premier et deuxième étage aient fini de reconstruire avant de pouvoir commencer à son tour."

Une ville au ralenti. Quant aux commerces, ils peinent eux aussi à retrouver leur clientèle. "J'ai vu revenir quelques-uns de mes anciens clients, environ 20%, c'est peu", explique Ahmed, l'épicier qui vient de finir la rénovation de sa vitrine. Son magasin a rouvert il y a plus d'un an mais les affaires ne se portent pas au mieux. "Il y a bien des nouvelles têtes mais ça revient au compte-goutte. Ça va prendre du temps de retrouver le rythme d'avant mais on va y arriver."

De plus, les réfugiés qui ont quitté le pays au moment des combats ne semblent pas pressés de revenir. Dans les boutiques ou les cafés, c'est chaque fois la même réponse : "je ne connais personne qui a choisi de rentrer."