Un banquier britannique désanobli

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Marion Sauveur avec Amandine Alexandre.
Accusé d’être responsable de la crise, Fred Goodwin s’est vu retirer son titre de chevalier.

Sir Fred Goodwin est redevenu Fred Goodwin. L’ancien patron de la Royal Bank of Scotland s’est vu retirer son titre de chevalier, l'une des plus hautes distinctions conférée au nom de la Reine. Cette décoration lui avait été accordée en 2004 sous le gouvernement de Tony Blair pour "services rendus à la banque" et a été "annulée" mardi. Décision rarissime, prise par une "commission de déchéance". Et Fred Goodwin n'a pas le droit de faire appel.

De la gloire à la chute

Le Premier ministre britannique David Cameron a ainsi voulu marquer un grand coup. Elu homme d’affaires de l’année 2002 par Forbes, Fred Goodwin est accusé d'avoir joué un rôle majeur dans la crise financière de 2008 et donc de la pire récession que le Royaume-Uni a connu depuis 1945.

En 2008, il avait quitté la direction de la Royal Bank of Scotland couvert de honte, alors qu’elle était au bord de la faillite. L'Etat a été contraint de voler au secours de l’établissement bancaire, mettant sur la table 55 milliards d'euros. Et ce, alors qu’il y a dix ans, Fred Goodwin incarnait la City et la toute puissance financière. Aujourd’hui, l’ancien banquier est unanimement détesté par les Britanniques, incarnant les pires excès de la City. Rares sont ceux qui s’émeuvent de son sort.

Mais en privant cet ancien banquier de son titre, David Cameron n’a lui-même pas réussi à marquer des points. Cette mesure est jugée "symbolique" par l’opposition et les syndicats, qui réclament une réforme du secteur bancaire en profondeur.