Sale temps pour votre chalet en Suisse...

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Un texte limitant les constructions des résidences secondaires à 20% par communes a été adopté.

Un résultat inattendu. Malgré l'opposition du Parlement, des cantons, du Conseil fédéral et des milieux touristiques et économiques, les Suisses ont adopté dimanche un texte limitant la proportion de résidences secondaires à 20% par commune.

Ce vote, distinct du référendum sur les congés payés, est passé de justesse, avec 50,6% des voix. 1,15 million de Suisses se sont prononcé pour, contre un peu plus de 1,12 million de voix contre. Le texte a été accepté dans 15 cantons et refusé dans 11. Le non l'emporte dans les cantons les plus directement concernés, à vocation touristique comme les Grisons, le Tessin et le Valais, avec une pointe à près de 74% dans ce dernier où les opposants se sont fortement mobilisés. Les cantons de Suisse centrale ont aussi globalement rejeté l'initiative.

500.000 résidences secondaires dans les Alpes suisses

Cette proposition, portée par l'écologiste Franz Weber, impose donc une limite maximale de 20% du parc des logements de chaque commune. Elle oblige ainsi ces dernières à rendre compte chaque année du respect des limitations et à publier un plan montrant quels logements sont utilisés en permanence.

Dans environ un quart des communes, la part des logements de vacances dépasse déjà un cinquième de la surface habitable. C'est le cas dans les régions touristiques du Valais, des Grisons, du Tessin, de Berne et de Vaud. Il existe déjà plus de 500.000 résidences secondaires dans les Alpes suisses.

Sauvegarde des paysages

Lancée par Helvetia Nostra, une association filiale de la Fondation Franz Weber, l'initiative avait déjà réuni près de 110.000 signatures. Ses partisans souhaitent "préserver le sol suisse, protéger les villages et leur population et sauver des paysages uniques et leur faune", peut-on lire sur le site de la fondation.

Reste que sa mise en application ne sera pas immédiate, souligne lundi la presse suisse. Le Parlement doit transformer la proposition en loi d'application, ce qui conduira entre autres à redéfinir ce qu'est réellement une résidence secondaire. En outre, les actuels propriétaires peuvent se rassurer : ce vote ne prévoit pas de démolir ou de supprimer des résidences secondaires existantes.