Quand le changement climatique transforme les mésanges en tueurs en série

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Une mésange charbonnière. 1:51
Une mésange charbonnière. © AFP
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Chamboulées dans leur quotidien par le changement climatique, les mésanges deviennent de plus en plus agressives envers les gobe-mouches, qui empiètent désormais sur leur territoire de reproduction. À terme, les gobe-mouches pourraient même disparaître.

Hormis quelques canicules et de très fortes tempêtes, nous ne pensions pas connaître ses effets en France. Mais, pourtant, la liste des conséquences du changement climatique est longue, y compris sur notre santé. Les oiseaux en sont également victimes. Les hivers s’adoucissent et ce n’est pas sans réactions sur les comportements reproducteurs et alimentaires de certains animaux. Parmi les bouleversements observés, les ornithologues ont repéré un changement de comportement stupéfiant chez les mésanges, qui pourrait faire disparaître les gobe-mouches.

Ces deux espèces partagent en effet le même environnement et notamment les mêmes sites de nidification. Auparavant, les périodes de reproduction des deux espèces se succédaient, n'entraînant pas de compétition entre les volatiles. Mais le réchauffement climatique a accéléré la prolifération des chenilles, dont raffolent les mésanges.

Un taux de mortalité en augmentation de 9%

Pour pouvoir s’en nourrir, les mésanges ont décidé de pondre plus tôt dans l’année, au moment où les gobe-mouches migrent à nouveau vers l’Europe après avoir passé l’hiver en Afrique. Ces derniers se retrouvent alors confrontés aux mésanges, particulièrement agressives lorsqu’elles couvent leurs œufs. Pour protéger leurs petits, elles vont alors se transformer en redoutables tueuses sanguinaires et vont massacrer les gobe-mouches. 

Le taux de mortalité des mâles gobe-mouches a augmenté de près de 9% au cours des dernières années, ce qui laisse penser que la survie de l’espèce pourrait être compromise. Un phénomène de plus en plus courant ces dernières années : la rentrée en compétition de plusieurs espèces pour le partage d’une même niche écologique avec à la clé  toujours le même résultat : un appauvrissement de la biodiversité.

Europe 1
Par Fanny Agostini, édité par Ariel Guez