Soupçonné de 24 empoisonnements, Frédéric Péchier se défend : "Rien ne permet de m'incriminer"

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Dans le Journal du Dimanche, Frédéric Péchier sort de son silence : "Rien ne permet de m'incriminer"
Dans le Journal du Dimanche, Frédéric Péchier sort de son silence : "Rien ne permet de m'incriminer" © Sebastien Bozon / AFP
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Dans un entretien au "Journal du dimanche", l'anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné par la justice de 24 empoisonnements, dont neuf mortels, estime que "la réalité de ce dossier ne correspond pas à ce qu'on peut lire dans la presse". 
SUR LE JDD

Cela fait trois ans qu'il clame son innocence. Trois ans qu'il se bat, pour reprendre ses propres mots. Frédéric Péchier, l'anesthésiste de Besançon, soupçonné d'avoir empoisonné 24 de ses patients, entraînant la mort de neuf d'entre eux, s'exprime dans le "Journal du Dimanche". "Il faut dire stop", déclare-t-il dans un long entretien, "rien ne permet de m'incriminer". S'il s'est fait "violence pour parler", c'est "pour sa famille" plus que pour lui. "On m'a tout pris : mon métier qui me passionnait, ma vie sociale, et depuis le mois de mai, ma vie privée", explique l'ancien anesthésiste, dont le contrôle judiciaire l'interdit de rentrer chez lui, à Besançon.

"Le dénominateur commun" 

Celui qui est présenté par le juge d'instruction comme le "dénominateur commun" des 24 accidents médicaux survenus dans deux cliniques différentes, s'insurge. Il réfute la thèse de l'un de ses collègues, reprise ensuite par la police. "C'était une façon de me désigner sans me nommer", dénonce-t-il. "Concernant les trois accidents survenus en 2009 à la polyclinique de Franche-Comté, une enquête interne avait conclu à l’absence d’actes de malveillance. D’ailleurs, dans deux de ces trois cas, j’étais absent, soit en vacances, soit déjà parti. Les enquêteurs disent que je pouvais revenir à la clinique quand je le voulais pour polluer des poches. C’est absurde", balaye Frédéric Péchier. Pour lui, la thèse des accidents médicaux est à privilégier.

"Ils m'ont trouvé normal"

Accusé également de vouloir provoquer des arrêts cardiaques pour mieux réanimer les patients, l’anesthésiste se défend. Il refuse d'être qualifié de "pompier pyromane". "On est médecins, pas formés pour mettre le feu puis l'éteindre", s'exclame-t-il. Frédéric Péchier s'appuie d'ailleurs sur des expertises psychiatrique qui n'ont rien révélé de particulier. "Ils m'ont trouvé normal", précise-t-il. "Je ne sais pas pourquoi on cherche à m’incriminer personnellement. Il est clair que le jour où on admettra que je n’ai rien à voir là-dedans, ça va mettre en défaut la structure elle-même, et plus seulement un médecin." 

Toujours en liberté après le nouveau rejet du pourvoi du parquet général, Frédéric Péchier passe son temps "à lire et à relire son dossier" pour aider ses avocats. Pour lui, un seul cas semble "volontaire", "celui de M. Gandon en janvier 2017". "Pour dire qu’un accident résulte d’un empoisonnement, il faut retrouver dans le sang d’un patient une substance présente dans une poche. Et que ça colle au niveau des signes cliniques", explique-t-il. Son "analyse" est aussi visiblement "celle de spécialistes qui ont fait des contre-­expertises" à sa demande, explique-t-il. Mais les experts missionnés par la juge d'instruction ne sont pas de cet avis. "Il leur manquait des données", conclut Frédéric Péchier. 

Europe 1
Par Cédric Chasseur

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