L'anesthésiste de Besançon soupçonné d'avoir voulu empoisonner l'une de ses collègues

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L'anesthésiste de Besançon a été laissé libre sous contrôle judiciaire.
L'anesthésiste de Besançon a été laissé libre sous contrôle judiciaire. © AFP
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L'anesthésiste Frédéric Péchier, déjà poursuivi pour 24 empoisonnements dont neuf mortels, est accusé d'avoir voulu empoisonner sa collègue avec qui il avait des relations conflictuelles, il y a trois ans.

Déjà mis en examen pour 24 empoisonnements, dont neuf mortels, l'anesthésiste de Besançon Frédéric Péchier est maintenant soupçonné d'avoir voulu empoisonner l'une de ses collègues, il y a trois ans.

Changement de patiente

Les faits se seraient déroulés en 2016. À l'époque, Catherine Nambot travaille comme anesthésiste à l'hôpital bisontin. Mais ce jour-là, c'est elle qui est opérée, avec le docteur Péchier comme anesthésiste. Les poches de produits étaient prêtes mais finalement, en raison d'un changement de planning, c'est une autre patiente qui prend sa place. Elle succombe peu de temps après.

Entendu sur europe1 :
S'il avait sauvé la vie d'une de ses collègues, il sortait comme le héros

"Rétrospectivement, on réalise que manifestement, il avait voulu l'empoisonner, ce qui correspond assez à la psychologie du docteur Péchier", observe l'avocat de Catherine Nambot, Alain Dreyfus-Schmidt. "Vous imaginez bien, s'il avait sauvé la vie d'une de ses collègues, il sortait comme le héros, comme celui qui arrive à ressusciter les gens. Certains ont été sauvés. Est-ce qu'elle l'aurait été ou pas ? On ne le saura jamais."

Relations conflictuelles avec ses confrères

Quelques temps avant cette opération, les deux collègues s'étaient un peu brouillés, ce qui illustre des relations conflictuelles récurrentes entre le docteur Péchier et ses confrères. Pour le procureur, les incidents suspects à la clinique étaient plus fréquents durant ces périodes. Huit ans plus tôt, en 2008, c'est l'un des patients de Catherine Nambot qui était mort de manière mystérieuse. Le docteur Frédéric Péchier, lui, travaillait déjà à la clinique Saint-Vincent de Besançon.

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L'anesthésiste-réanimateur, qui clame son innocence, a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Il a interdiction d'exercer et de se rendre à Besançon ou dans la commune voisine où il réside. Le parquet de Besançon, qui avait requis son placement en détention provisoire, a fait appel de son maintien sous contrôle judiciaire. La chambre de l'instruction doit examiner prochainement cet appel.

Europe 1
Par Pierre de Cossette, édité par Thibaud Le Meneec