Marne : ce que l'on sait de la collision qui a fait quatre morts à un passage à niveau

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L'accident s'est produit lundi matin, à un passage à niveau réputé non accidentogène selon le maire de la commune.
L'accident s'est produit lundi matin, à un passage à niveau réputé non accidentogène selon le maire de la commune. © AFP
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Une assistante maternelle et trois enfants sont morts dans une collision entre leur voiture et un TER, lundi, sur la commune champenoise d'Avenay-Val-d'Or. 

Plus d'un an après le drame de Millas, qui avait fait six morts en décembre 2017, un nouvel accident mortel s'est produit à un passage à niveau, lundi matin dans la Marne. Un TER a percuté une voiture arrêtée sur la voie, tuant les quatre occupants du véhicule léger, une femme et trois enfants.  

Que s'est-il passé ?

L'accident s'est produit un peu avant 10 heures, vendredi matin, au niveau de la commune d'Avenay-Val-d'Or, a indiqué le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette. Le véhicule, un SUV, était arrêté sur la voie lorsqu'un TER arrivant d'Epernay et circulant en direction de Reims l'a percuté. Entendu par les enquêteurs, le conducteur, en état de choc et dont l'alcoolémie s'est avérée négative, a affirmé qu'il roulait à 118km/h, soit 2km/h sous la limitation de vitesse, lorsqu'il a aperçu la voiture et actionné le freinage d'urgence. Mais le TER ne s'est arrêté que 400 mètres après le point d'impact. 

Comment la voiture s'est elle retrouvée sur la voie ? "La première barrière était enfoncée, ce qui laisse supposer que le véhicule avait pu forcer le passage", a avancé Matthieu Bourrette, tout en invitant à la "prudence". "Aucun élément ne permet de savoir pourquoi le véhicule s'était engagé", a-t-il précisé. Les quatre occupants de la voiture sont décédés sur le coup, tandis que quatre passagers du train, qui en comptait une vingtaine, ont été légèrement blessés. 

Que sait-on des victimes ?

La conductrice était une assistante maternelle de 37 ans, qui se rendait à un rendez-vous de préparation d'une fête de fin d'année, selon les premiers éléments de l'enquête. Des analyses d'alcoolémie, dont les résultats ne sont pas encore connus, ont été réalisés. Elle circulait avec sa fille, âgée de dix ans, dont le corps a "selon toute vraisemblance" été extrait du véhicule en fin de journée, selon le parquet.

Deux autres corps ont été éjectés de la voiture et retrouvés à proximité. Des analyses ADN doivent confirmer qu'il s'agit de deux enfants que gardait la jeune femme, âgés de trois et un an. Des autopsies doivent être réalisées dans les prochains jours, selon le procureur. Une cellule de crise a par ailleurs été ouverte. 

Ce passage à niveau était-il dangereux ? 

Selon le maire d'Avenay-Val-d'Or, c'est la première fois qu'un accident se produit à ce passage à niveau, non accidentogène. Sur place, la SNCF Réseau a confirmé qu'il ne figurait pas sur la liste des passages à niveau à risque et affirmé qu'il était en bon état. L'enquête doit désormais confirmer ces éléments. Elle a d'ores et déjà établi que le signal sonore indiquant le passage du train avait été entendu par des ouvriers effectuant des travaux à proximité, selon le parquet. Le signal lumineux qui l'accompagne était lui "en position continue" lorsque les gendarmes sont arrivés sur place. 

Un détachement de cinq experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale a été chargé de modéliser la scène en 3D, "pour comprendre les causes de la mort" des occupants de la voiture, indique la gendarmerie sur Twitter. Ce procédé a déjà été utilisé lors des catastrophes ferroviaires du train des Pignes, en 2014, et de Millas. Il fait appel à un drone. 

Un "expert en barriérage" était attendu sur les lieux du drame, lundi soir, selon Matthieu Bourrette. "Nous vérifierons que la maintenance de ce passage à niveau était conforme à la réglementation", a-t-il assuré, avançant les pistes d'un "accident ferroviaire", d'un "accident de la route", ou d'une catastrophe mêlant les deux. Les enquêteurs ont par ailleurs reçu le témoignage d'une personne affirmant avoir pu franchir le passage à niveau en sens inverse à la veille de la collision, avant de voir "la deuxième barrière (celle franchie par le SUV impliqué lundi, ndlr) s'abaisser de manière intempestive". "C'est un point à vérifier, dont je souligne qu'il est très différent du déroulé des faits supposés de ce jour", a souligné le procureur. 

 

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