Incendie de la préfecture du Puy-en-Velay : quatre gilets jaunes à la barre

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Des membres du mouvement des gilets jaunes se tiennent devant le palais de justice du Puy-en-Velay, le 9 mars 2020, avant le procès de quatre militants accusés d'avoir mis le feu à la préfecture du Puy-en-Velay, en marge d'une manifestation en 2018. © Thierry Zoccolan / AFP
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Lundi matin s'est tenu le procès de Gilets jaunes accusés d'avoir participé à l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay, le 1er décembre 2018. Si l'un des deux suspects n'a pas assisté à l'audience, l'autre s'est défendu en expliquant avoir voulu écarter le danger, alors que la manifestation dégénérait près de la préfecture. 
ANALYSE

C'est une journée qui fait date. Le 1er décembre 2018, lors d'un acte III des gilets jaunes particulièrement violent, la préfecture du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, est incendiée. Pendant une manifestation, des cocktails molotov ont été jetés sur le bâtiment. Près d'un an et demi plus tard, les Gilets jaunes suspectés d'être à l'origine de l'incendie sont jugés. Depuis lundi matin, quatre personnes sont jugées devant le tribunal correctionnel de la ville. 

L'un des accusés est un jeune homme de 22 ans qui devait comparaître en visio-conférence depuis sa cellule. Problème : il a refusé d'être extrait de la prison lundi matin. Il a invoqué un rendez-vous chez le dentiste et une visite de sa copine au parloir pour refuser d'assister à son procès.

Aujourd'hui âgé de vingt ans, le deuxième accusé était venu participer à la manifestation en tant que motard pour protester contre la hausse des carburants. Ce jour-là, il s'était rendu sur la grande place de la préfecture alors que l'ambiance s'était très nettement détériorée. 

Des gilets jaunes avaient alors enfoncé la grille d'entrée de la préfecture et lançaient des cocktails molotov à l'intérieur de l'enceinte. Plusieurs départs de feu avaient été constatés dont trois au moins dans le bâtiment.

Une vidéo pour lever le voile sur l'implication de l'accusé

À la barre, le jeune homme parle laborieusement. Il affirme être resté non pas pour en découdre avec les forces de l'ordre mais parce qu'il connaissait des manifestants. S'il admet avoir lancé trois capsules de gaz lacrymogène, il affirme que toutes n'ont pas été jetées en direction de la préfecture.

Le président réplique en assurant qu'une vidéo le montre en train de ramasser un cocktail Molotov à terre et de le lancer vers une fenêtre de la préfecture. "Non, ce n'est pas ce qu'il s'est passé. Je l'ai ramassé mais je l'ai ensuite déposé vers la fenêtre dans un endroit protégé, où il y avait de l'eau", se justifie-t-il. Il s'agissait, selon lui, d'écarter le danger. Face à ces explications, le président du tribunal ne paraissait pas convaincu par les propos du jeune homme. 

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Tiffany Fillon