Toujours de fortes tensions à Grenoble après la mort de deux jeunes poursuivis par la police

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Deux jeunes de 17 et 19 ans se sont tués à scooter alors qu'ils étaient poursuivis par la police samedi soir à Grenoble, un drame qui a déclenché une nuit d'émeutes dans leur quartier.

Le message du maire de Grenoble, Éric Piolle, appelant au calme, n'a pas suffi à faire retomber la tension. Pour la deuxième nuit d'affilée, plusieurs voitures ont été incendiées dimanche dans le quartier du Mistral, après la mort de deux jeunes hommes de 17 et 19 ans qui fuyaient la police. Samedi soir déjà, plusieurs dizaines de jeunes avaient affronté les forces de l'ordre, lançant notamment des cocktails Molotov.

Après une série d'incidents, les deux jeunes âgés de 17 et 19 ans avaient été pris en chasse par une voiture de la BAC. Ils circulaient sans casque, sur un scooter sans plaque et volé, et ont grillé plusieurs feux rouges avant de finir leur course, écrasés entre un autocar et un parapet en béton. Dans le quartier, les habitants crient tous à la bavure policière. 

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Une vidéo entre les mains de la justice. Le procureur de la République Éric Vaillant parle à ce stade d'un accident. "Les policiers de la BAC suivaient le scooter à distance, donc ils ne l'ont pas collé. Surtout, il n'y a pas eu de choc entre le véhicule de police et le scooter. La cause de l'accident nous est parfaitement expliquée par le chauffeur du bus qui, à un moment donné dans son rétroviseur, a vu le véhicule de police et le scooter derrière lui, et a décidé de se serrer vers la droite pour les laisser passer sur sa gauche. Or, le scooter a pris la décision non pas de passer par la gauche, mais par la droite, et s'est fait coincer", explique-t-il au micro d'Europe 1. Et d'ajouter : "Nous avons une vidéo qui, interprétée, nous permet de conclure à cette absence de contact entre le scooter et le véhicule de police. Un expert judiciaire va bien sûr être nommé pour analyser le bus, la voiture de police et le scooter, et sera chargé de dire s'il y a des traces d'impacts d'un véhicule sur un autre."

Une information judiciaire pour recherche des causes de la mort va être ouverte lundi. Par volonté d'apaisement, le procureur a longuement reçu les familles des deux jeunes victimes dimanche.

Europe 1
Par Rémy Pierre, édité par Anaïs Huet

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