Deux policiers jugés à Rennes pour violation de domicile et violence aggravée

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Deux policiers ont pénétré sans mandat au domicile d'une famille rennaise, qui a porté plainte.
Deux policiers ont pénétré sans mandat au domicile d'une famille rennaise, qui a porté plainte. © JEFF PACHOUD / AFP
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Les deux policiers en uniforme ont pénétré au domicile d'une famille après avoir tenté d'effectuer le contrôle d'identité de l'un des fils dans le jardin.

Deux fonctionnaires de police secours ont comparu mardi en début de soirée devant le tribunal de grande instance de Rennes pour violation de domicile et violence aggravée dans l'exercice de leurs fonctions, a constaté une correspondante de l'AFP. Ces deux policiers en uniforme sont accusés d'avoir pénétré vers 1h30, dans la nuit du 8 au 9 novembre, au domicile rennais d'une famille alors qu'ils n'en avaient pas mandat.

Un contrôle d'identité qui tourne mal

L'un d'eux a fait usage de sa bombe lacrymogène sur les habitants des lieux qui ont filmé la scène dont les images ont été projetées à l'audience. Ceux-ci, absents à l'audience, ont porté plainte et le parquet a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les policiers ont expliqué avoir trouvé suspect le comportement dans la rue d'un jeune homme de 18 ans qu'ils ont suivi avant d'effectuer un contrôle d'identité dans un jardin qui s'est avéré être le jardin de la maison familiale. Le jeune homme a appelé "au secours" car l'un des policiers "l'étranglait", a-t-il expliqué dans sa déposition. Le père est alors sorti et tous deux se sont ensuite réfugiés dans la maison où les policiers les ont poursuivis. 

Le procureur a évoqué des policiers "qui ont perdu leur sang froid". "La nécessaire assistance que la justice doit à la police s'arrête quand il y a une rupture de confiance", a estimé le magistrat. Le parquet a requis pour l'un des deux policiers six mois de prison avec sursis et un retrait d'autorisation de port d'arme d'une durée de six mois également. Pour le second prévenu, le procureur a requis une peine de trois mois de prison avec sursis. L'affaire a été mise en délibéré au 3 septembre.