Attaque au couteau dans la Drôme : où en est l'enquête ?

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Le suspect de l'attaque commise samedi est pour l'instant muet face aux enquêteurs. 1:10
Le suspect de l'attaque commise samedi est pour l'instant muet face aux enquêteurs. © JEFF PACHOUD / AFP
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Après l’attaque au couteau perpétrée samedi matin à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, et qui a fait deux morts, un réfugié inconnu des services de police, et deux hommes soudanais sont en garde à vue. Celles-ci sont pour l'instant peu probantes, au lendemain de l'auto-saisine du parquet national antiterroriste (PNAT). 

L'enquête progresse peu, au lendemain de l'attaque au couteau qui a fait deux morts samedi matin à Romans-sur-Isère, dans la Drôme. Le principal suspect, un Soudanais de 33 ans, a commencé à être auditionné à Valence. D'après nos informations, il n'a fait aucune déclaration. Ses motivations restent pour le moment floues, alors que le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. 

Le suspect muet depuis le début de sa garde à vue

Le suspect est resté muet depuis le début de sa garde à vue, selon nos informations. Six téléphones portables (dont des vieux) et une clef USB ont été retrouvés chez lui et font actuellement l’objet d’une expertise informatique. Il devrait également faire l’objet d’une expertise psychiatrique ce dimanche.

Toutes les auditions de témoins et du voisinage confirment que l'auteur des faits était perturbé par le confinement et plus renfermé que d’habitude ces derniers jours, selon une source proche du dossier. D’après la fille d’un voisin, il s’était mis à faire du sport dans la cage d’escalier. La buraliste, dont il était un client régulier depuis 6 mois environ, a utilisé le mot "aigri". Son employeur le décrit au contraire comme quelqu’un d’agréable. 

Les deux autres gardes à vue se déroulent aussi à Valence et concernent deux de ses amis, dont l'un était passé le voir samedi matin car il trouvait qu'il n'allait pas bien les jours précédents. 

La qualification terroriste retenue

Pour rappel, plusieurs éléments ont conduit le parquet antiterroriste à se saisir de l'affaire, dimanche : le fait que l’homme se soit mis à prier à genoux au moment où les policiers s’apprêtaient à interpeller, mais aussi la détention de documents manuscrits qui lui sont attribués où il parle de la France comme d'un pays de mécréants. Mais pour le moment, les enquêteurs ne disposent pas d'éléments qui indiqueraient un changement de pratique religieuse. 

Surtout, le parquet a retenu son parcours meurtrier. Il a tué au hasard dans les rues de la ville, un comportement de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, comme le dit la définition légale du terrorisme, qu’il soit islamiste ou non.

Europe 1
Par Salomé Legrand