L'hommage funèbre à Theresa May

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Pour Thérésa May, c’était le jour le plus long ce jeudi.

Theresa May a fait front. C’est ce qu’elle fait de mieux. Elle a supporté la défection de sept ministres, les rugissements de la Chambre des Communes, les journaux indignés, la mutinerie d’une partie du parti. Elle reste impavide. Peu d’émotion, aucun charisme : elle encaisse. Il y avait la dame de fer, celle-ci est en caoutchouc.
Il faut d’ailleurs beaucoup de souplesse pour voter contre le Brexit, puis devenir Premier ministre pour organiser le Brexit. Il en faut davantage encore pour dénoncer pendant deux ans les conditions de Bruxelles et in finé, tout avaler. Car le bluff est terminé. L’Ulster restera en Irlande et au Royaume Uni. En Europe et en dehors. En conséquence, les Britanniques vont garder un pied dans l’Union, le gauche et un autre en dehors.
C’était déjà comme cela mais ils avaient voix au chapitre. Ils ne l’auront plus. C’était la meilleure des positions, c’est désormais la pire. Ils voulaient retrouver toute leur souveraineté. Ils vont la payer très cher et ils ne l’auront pas.

Les dagues sont sorties au parti conservateur.

George Osborne qui laissa à Theresa May la place de Premier ministre dit qu’il sera tranquille seulement quand elle sera dans son congélateur, découpée en morceaux.
Plus grave, le ministre du Brexit a claqué la porte en écrivant : "Aucune nation démocratique n'a jamais signé pour être soumise à un tel régime, imposé de l'extérieur, sans fin et sans aucun contrôle démocratique sur les lois qui seront appliquées".
C’est le retour de l’Europe, prison des peuples.
Les 27 sont restés unis face à un royaume désuni. À Bruxelles, le moloch bureaucratique est implacable, l’expression est d’Helmut Khol. Les pays tentés par l’air du large sont prévenus.
Au lendemain du 11 novembre, on se souvient du traité de Versailles, aussi long à négocier et aussi implacable qui voulait faire payer l’Allemagne et dissuader quiconque de l’imiter. On sait ce que ça a donné.
De Gaulle disait : "quand on nie les nations, elles se vengent".
Le smog est total, Teresa May est perdu et l’issue de secours introuvable.