Brexit : une "chance réelle" pour que le Parlement britannique rejette l'accord de Theresa May

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3: 3:30
© HO / PRU / AFP
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La Première ministre britannique doit encore obtenir le vote du parlement pour confirmer l'accord sur le Brexit. Ce n'est pas gagné, avertit sur Europe 1 Jon Henley, correspondant  du "Guardian" à Paris.
INTERVIEW

Theresa May s'en remet maintenant à son Parlement. La Première ministre britannique a obtenu le feu vert de son gouvernement à l'accord qu'elle a négociée avec l'Union européenne concernant le Brexit. Il lui a tout de même fallu cinq heures d'après discussions. "C'est un accord qui a été arraché de haute lutte, ils sont 27 membres du gouvernement, dont 11 à s'exprimer contre cet accord", résume au micro d'Europe 1 Jon Henley, le correspondant aux affaires européennes du Guardian en France.

Un soulagement mais... "Theresa May a été très claire : c'est soit ce deal, soit aucun deal", rapporte-t-il jeudi au micro de Matthieu Noël. "Un 'no-deal Brexit' impliquait une catastrophe économique avec une sortie très brutale de l'Union européenne", alerte notamment le journaliste anglais. Les milieux d'affaires "sont soulagés qu'une première étape a été franchie. Mais ça n'est qu'une première étape et ça va être très, très dur devant le parlement", pointe-t-il.

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Pas de majorité au parlement. Il estime en effet qu'il y a une "chance réelle" pour que la Chambre des lords et la Chambre des communes s'opposent à cet accord, la Première ministre ne disposant d'aucune majorité franche sur ce sujet, même au sein de son propre camp. "Il y a deux groupes dans son propre parti (le Parti conservateur,ndlr) : les conservateurs qui sont pro-Brexit, qui ont mené campagne pour le Brexit et qui trouvent que cet accord ne représente pas le type de Brexit pour lequel ils avaient milité; et il y aussi des pro-européens qui trouvent que ce serait mieux de rester dans l'Union européenne", détaille Jon Henley.

"L'opposition, le parti travailliste, va voter contre, et il y a aussi le petit parti de l'Irlande du Nord, les Unionistes, qui risquent de voter contre", souligne-t-il, alors que la question de la frontière de l'Irlande du Nord a concentré de nombreux points de blocage entre Londres et Bruxelles.

Europe 1
Par Romain David